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F. — LUXATIONS DE LA PHALANGETTE DU POUCE

Malgaigne adémontré que ces luxations, fréquentes on arrière, exceptionnelles en avant, sont plus communes à elles seules que toutes celles des phalangïnes et des phalangettes des autres doigls réunies. Huguier explique cette particularité par l'isolement du pouce, l'étendue relativement considérable de la phalangette, le nombre restreint et le peu de mouvements des articulations de ce doigt.

Les luxations en arrière reconnaissent pour causes soit un choc violent, soit une forte pression qui tendrait à renverser la seconde phalange en arrière, à exagérer l'extension.

Dans la luxation complète en arrière, le libro-cartilage ou ligament glénoïdien antérieur est toujours déchiré dans toute son étendue. Il est détaché au niveau de ses attaches à la phalange ; mais le plus souvent son insertion à la phalangette est détruite, et il reste adhérent à la phalange ; quelquefois enfin il est interposé entre les surfaces articulaires (Michel, Pailloux). Les ligaments latéraux sont intacts ou plus ou moins déchirés. La gaine du fléchisseur peut se rompre et le tendon être rejeté en dedans ou en dehors, quelquefois même interposé entre les deux phalanges (Brabazon) ; quelquefois il est arraché au niveau de son insertion à la phalangette. N

Tantôt la phalangette est renversée en arrière, de manière à former un angle plus ou moins ouvert, et à s'appliquer par sa surface articulaire sur le dos de la phalange. Tantôt elle est parallèle à la phalange, mais située en arrière de celle-ci. L'articulation est notablement déformée ; la base de la phalangette luxée forme en arrière une saillie au niveau du pli articulaire ; le tendon extenseur reste appliqué sur les os, et ne se sent point.

A la face palmaire, la saillie formée par l'extrémité inférieure de la phalange est peu visible, mais se reconnaît facilement par le toucher. Le raccourcissement est constant; les mouvements

de flexion et d'extension sont impossibles. Enfin Jarjavay a noté deux fois une ecchymose au niveau du pli cutané palmaire.

Le plus souvent ces luxations sont compliquées de plaie : la déchirure occupe constamment la face palmaire et donne dans certains cas issue à l'extrémité inférieure de la phalange. Cette plaie peut devenir le point de départ de complications graves (phlegmon diffus, tétanos).

La première indication est d'essayer de réduire par les procédés de douceur : l'impulsion, en repoussant avec le doigt l'extrémité supérieure de la phalange luxée, aidée de la flexion ou de l'extension, réussit ordinairement.

Mais quelquefois cette luxation est irréductible, et on donne plusieurs explications de ce fait. Malgaigne l'attribue àl'accrochement du bec palmaire de la phalange unguéale sur le dos de la trochlée ; Jarjavay à la torsion des ligaments latéraux ; Michel et Pailloux à l'interposition du ligament antérieur entre les surfaces déplacées.

Quoi qu'il en soit, on a vaincu cette difficulté que présente la réduction :

1° En débridant la plaie qui forme une sorte de boutonnière à la phalange (Baraduc) ;

2° En réséquant la tête de la phalange (Nélaton, Neboux, Thierry) ;

3° En replaçant au moyen d'un crochet le tendon fléchisseur dans sa gaine ostéo -fibreuse (Trélat, Richet) ;

4° En le sectionnant (Guorguos);

5r En coupantlesfibresligamenteuses latérales (Taaffe,Huguier).

On n'oubliera pas que dans les cas de luxation avec plaie, l'articulation a de grandes chances de rester ankylosée.

Il n'existe à notre connaissance que 6 observations de luxations en avant, trois dues à Dupuytren et à Gh. Bell, et trois" autres publiées dans la Revue médico-chinirgicale (1852-1853). Un choc sur la face palmaire du pouce dans lequel la phalangette bascule sur la phalange et proémine en avant de celle-ci en est la cause la plus habituelle. Tantôt la phalangette est

renversée en arrière, et sa têle fait saillie en avant; lantôt elle est légèrement fléchie. La phalange fait un relief à la face dorsale, et la phalangette se sent au niveau du pli cutané palmaire. Le pouce est raccourci; les mouvements d'extension et de flexion sont impossibles.

La réduction est facile, et s'obtient en fléchissant la phalangette dans la paume de la main. Cependant Bourguet n'a pu arriver à réduire une luxation datant de cinq jours.

Les luxations latérales sont plus rares encore. Annandale en cite un cas avec dessin.

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