‹ Chirurgie de la mainChapitre 28 sur 69 · PLAIES DES ONGLES · texte numérisé non relu

PLAIES DES ONGLES

Lorsqu'un instrument tranchant a divisé la lame cornée ungéale sans atteindre le derme sous-jacent, il se produit entre les bords de la plaie une cicatrice constituée par une substance cornée de nouvelle formation. Dans ces cas, le derme sous-unguéal sécrète en plus grande abondance au niveau de la plaie, et il en résulte une arête plus ou moins prononcée.

Si le derme sous-unguéal a été lui-même divisé, les bords de la plaie sont réunis par un véritable tissu de cicatrice qui permet dans certains cas le chevauchement des deux bords de la solution

de continuité, et donne lieu à des difformités très désagréables.

Les contusions de la face dorsale de l'extrémité des doigts sont de beaucoup plus fréquentes que les plaies. Elles sont caractérisées par un épancbement sanguin sous-unguéal remarquable par sa persistance et sa longue durée. Cette ecchymose se reconnaît facilement à sa coloration brune qui va en augmentant d'intensité à mesure que les parties liquides du sang sont résorbées. Quelquefois cet épanchement adhère à la face profonde de l'ongle, chemine d'arrière en avant, et gagne lentement le sillon unguéal antérieur.

Ces contusions sont accompagnées d'une douleur très vive, surtout quand les papilles sont mises à nu par l'arrachement partiel ou total de l'ongle. Souvent elles sont le point de départ d'hypertrophies unguéales plus ou moins difformes.

Quand la contusion est plus intense, l'ongle est ébranlé jusque dans sa racine. La lame cornée cesse de croître et on voit apparaître au niveau de la lunule une mince lamelle de nouvelle formation qui soulève l'ongle, le détache en arrière des parties molles, et le pousse lentement en avant. L'ongle ancien tombe alors et se trouve remplacé par une production cornée ayant tous les caractères de l'ongle sain, sauf un léger sillon transversal correspondant au point de contact de l'ongle ancien et du nouveau. Quand ce sillon a atteint l'extrémité du doigt et a été retranché, l'ongle nouveau est parfaitement normal. Tous ces phénomènes évoluent sans la moindre douleur.

Quand le traumatisme est plus grave, l'ongle est décollé ou arraché dans une étendue plus ou moins considérable. La suppuration est alors inévitable. L'ongle devient sec et cassant, et est chassé peu à peu par la production de lamelles cornées nouvelles qui se forment sous la partie décollée.

Dans les contusions le traitement est des plus simples : Au début, immersion dans l'eau froide pendant quelques instants; puis, application de compresses résolutives ou autres. Quand le traumatisme est accompagné d'un écrasement plus.

ou moins violent do la phalange, l'irrigation continue sera employée avec grand avantage.

Dans les arrachements, lorsque la rupture de la peau n'est pas complète, il faut éviter de donner issue au sang épanché •et de mettre le foyer en communication avec l'air extérieur.

On emploiera dans ce cas le pansement par occlusion, en emboîtant le doigt dans une double cuirasse de bandelettes de •diachylon disposées les unes longitudinalement, les autres circulairement.

Il arrive souvent que des corps étrangers, en général, de petits fragments de bois pénètrent entre l 'extrémité antérieure de l'ongle et la pulpe du doigt. Cette lésion donne lieu à des douleurs extrêmement vives s'exaspérant à la moindre pression. Au bout de peu de temps il se forme un petit abcès qui en se vidant entraîne le corps étranger. Il est toujours indiqué de procéder à l'extraction de ce corps, soit en l'enlevant par l'ouverture d'entrée, soit Len amincissant avec le bistouri l'ongle de façon à le mettre à découvert et à le retirer sans peine.

Page 1