‹ Chirurgie de la mainChapitre 38 sur 69 · Synoviales articulaires du · texte numérisé non relu

Synoviales articulaires du

carpe (Tillaux).

Les arthrites de la région sont dues rarement à des causes directes; le plus ordinairement elles sont consécutives à des entorses, à des contusions chroniques ou bien à des phlegmons profonds. Souvent elles sont primitives, souvent aussi consécutives à des ostéites. La forme que l'on observe habituellement est l'arthrite granuleuse chronique, qui survient surtout chez les scrofuleux ou les tuberculeux et qui comprend les affections décrites sous le nom de tumeur blanche, arthrite fongueuse, carie.

L'invasion de la maladie est lente et insidieuse. Au début quelques douleurs s'exaspérant à la pression et correspondant à l'articulation primitivement atteinte. Puis survient un gonflement plus marqué à la face dorsale et arrivant également à effacer les saillies et les cavités de la face palmaire. Ce gonflement est surtout localisé dans les gaines tendineuses, et à mesure qu'il augmente à la région carpienne, le reste de la main s'amaigrit, s'aplatit. La main et les doigts sont clans l'extension, de manière à éviter autant que possible la douleur provoquée par la tension des extenseurs ou des fléchisseurs. Les mouvement des doigts et de la main sont très douloureux et presque impossibles. Le pus ne tarde pas à se former et à se faire jour sur divers points, mais surtout à la face dorsale. Il s'établit ainsi des fistules intarissables qui donnent issue à du pus abondant, à des séquestres, etc. Consécutivement il se fait des luxations pathologiques qui n'obéissent à aucune règle déterminée.

Chez les enfants, malgré l'état avancé des lésions on peut espérer la guérison qui survient après l'élimination des séquestres. Chez l'adulte au contraire les lésions durent indéfiniment et nécessitent le plus souvent une intervention active de la part du chirurgien.

La ténosite fongueuse diffère de l'arthrite carpienne par son siège à la face palmaire, par la limitation exacte de la tumeur à la gaine synoviale, par l'absence de douleurs pendant les- mouvements articulaires provoqués. Le siège du gonflement, la localisation de la douleur permettra quelquefois de dire quelle est

l'articulation atteinte; mais, ainsi que nous l'avons établi, le plus ordinairement toutes les articulations sont prises.

Le pronostic de ces arthrites carpiennes est très grave. Ce sont toujours des affections à marche lente et dont on n'obtient la guérison qu'à la suite d'efforts longs et patients. Une ankylose plus ou moins complète termine presque toujours la maladie dans les cas bénins. Les arthrites fongueuses, au contraire, s'accompagnent presque toujours primitivement ou secondairement d'évolution tuberculeuse et nécessitent le sacriiice du membre.

Les arthrites du poignet nécessitent des le début un traitement sévère : repos absolu, élévation du membre, immobilisation, compression. Quand les abcès se forment, il faut les ouvrir de bonne heure et extraire les séquestres. Mais malheureusement l'affection résiste d'ordinaire à tous ces moyens de traitement, et il faut se décider à intervenir d'une manière plus active. L'évidement ne donne pas de bons résultats pas plus que la résection que Folet a en vain tenté de remettre en honneur. L'amputation seule de l'avant-bras et seulement lorsqu'elle est faite à temps permet de sauver la vie du malade.

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