XV. IndICATIOKS de la TUOIIACOPI-ASI
EN DEŒOItS DU TBAITEUENT DE l'oIPYÈJIE.
Jusqu'à présenl, nous ne nous sommes occupés de la résection costale qu'au point (le vue du tiailemeuL de la pleurésie purulente.
Nous verrons bientôt qu'en permettant d'aborder cliirurgicaiement le poumon , elle peut avoir des indications nombreuses dans les affections de cet organe. Mais elle peut encore être employée pour le traitement de certaines cavités pulmonaires, tout en conservant le caractère de thoracoplastie qui nous inttîresse en ce moment.
C'est ainsi que l'on a cherché, dans des cas de cavernes tuberculeuses ou de bronchioctasie, à modifier ces cavités pathologiques sans les ouvrir, mais en facilitant le rapprochement de leurs parois et, pour cela, en pratiquant une résection costale de la région Ihoracique correspondante.
Trois tentatives de ce genre ont été faites pour des cavernes tuberculeuses ; la première remonte à 1883 et est due à de Cérenville'. II s'agissait d'uu tuberculeux à la troisième période : on se contenta de réséquer la o° côte : le malade mourut quatorze jours après et on ne pratiqua pas l'ai^topsie.
{. De Cérenville. De l'inlereeniion apéraioire dnna les maladies du povinon. — Rev. méd. de la Suisse romande, 1883, V. 4li3, Obs. [Il,
Spengler' intervînt chez un indiviilii prtSsenlant des lésions tuberculeuses aux deux sommets : au sommet gauche existait une caverne pulmonaire et un pyopneumothorax partiel. La thoracoplastîe qu'on pratiqua à ce niveau fut suivie d'une guiSrison qui persistait sept mois après : ajoutons, toutefois, que le cûti5 droit non opéré élait également guéri,
H Le fait le plus probant est celui de Bier', qui, ayant à traiter pour des hémoptysies graves, subintrantes, dues à une caverne spacieuse du sommet droit, un jeune homme de vingt-six ans, tuberculeux depuis quatre ans, réséqua les 2' et 3° côtes, depuis la coracoïde jusqu'au sternum sans détruire le périoste et sans ouvrir la caverne. La guérison opératoire se fit en dix jours, et le résultat thérapeutique fut non moins parfait. Le Ihorax se déprima à ce niveau; les symptômes cavitaires ainsi que la toux et l'expectoration diminuèrent; les forces et le poids du malade augmentèrent. Mais, dix mois après, le malade eut de nouveau une légère hémoptysie ; au onzième mois, on retrouvait des signes cavitaires, le thorax avait repris sa forme, car les côtes s'étaient régén(?rées. Une nouvelle résection étendue aux 2°, 3°, 4" et 5° côles, avec ouverture de la caverne, fut suivie
1. Spengler. Zur UekamUang stai-rwandii/fv llôhten bei LungenphthUie. — Ve%-haniH. d. Gesilhi;h. cl. Naliirforch. k. AerzUe lu Bremea. 1890, l. 11, 231.
2. Bier, in Quincke (H.). Ueber Pneumotomie bei Phthisie. - mileil. OM den Givn'-geb. d. lied. u. Chir., iS96, 1, SU
Obi. XII.
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Nous avons étudié, dans les précédents chi pitres, les opérations portant exclusivement sil la plèvre : nous étudierons dans les prochain celles qui constituent la chirurgie pulmonaîn proprement dite : pncumolomie et pneuraectoJ mie. Mais, entre les deux, la limite n'est pas prw cise et il existe une série d'opérations qui inliM ressent au même titre la plèvre et le poumoiu Les deux organes ont en fait des rapports trop' étroits pour que leur chirurgie no se confonde pas sur plus d'un point.
Les opérations que nous avons étudiées jusqu'à présent portaient toutes sur le feuillet pariétal de la plèvre; mais il en est qui sont dirigées sur le feuillet viscéral; cependant il est impossihle qu'elles n'intéressent pas aussi le parenchyme pulmonaire.
La décoriicalion du poumon a pour but de libérer le poumon de la coque que lui forme parfois la plèvre épaissie, mais le poumon luimême ne prend que trop souvent part à l'intervention.
La suture de l'orifice d'un pneumothorax: intéresse et la séreuse et le parenchyme pulmonaire.
DÉCORTIGATION DU POUMON
Enfin, si nous considérons ]ii pleurésie interlobaire, la seule dont le contenu se trouve enveloppé uniqucmenl par la plèvre viscérale, nous voyons i^Lie le Iraitement usité jusqu'ici, consiste, le plus souvent, à aller au-devant du pus, à Iravers le parenchyme pulmonaire, en faisant par conséquent une vérilable pneumotomie.
Dans ce chapitre, nous avons groupé les opérations portant sur la plèvre viscérale, tout en faisant remarquer que nous entrons dès lors dans la chirurgie du poumon.
Nous allons donc successivement étudier : la décorlication du poumon, le traitement du pyopneumolhorax et celui de la pleurésie interlobaire.