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CHIRURGIE DE LA BOUCHE, DU PHARYNX ET DES GLANDES SALIVAIRES

I. — TRAITEMENT OPÉRATOIRE DU BEC-DE-LIÈVRE ET DES DIVISIONS CONGÉNITALES DU PALAIS

A. — Traitement du bec-de-lièvre.

11 faut envisager successivement les opérations qui s'adressent au becde-lièvre simple, c'est-à-dire à la seule tissure des parties molles, ou au bec-de-lièvre compliqué, c'est-à-dire accompagné d'une fissure du rebord alvéolaire; je laisse de côté pour le moment le bec-de-lièvre avec divi>ion palatine ; le traitement des deux malformations concomitantes sera entrepris séparément, comme si chacune d'elles existait seule.

1° Bec-de-lièvre simple unilatéral.

L'indication capitale est de supprimer la lissure labiale; mais il s'y ajoute bien souvent la nécessité de redonner sa forme normale à la narine correspondante, habituellement étalée et aplatie; j'envisagerai successivement les moyens de remédier à ces deux difformités.

a. Reconstitution de la lèvre. — Le simple avivement, suivi

de suture, des bords de la fissure laisse persister une encoche disgracieuse; il faut avoirrecours à la taille de petits lambeaux qu'on adosse ; les procédés de Clémot-Malgaigne et de Mirault sont les plus simples et suffisent à la plupart des cas. Quel que soit d'ailleurs le procédé choisi, les premiers temps de l'intervention sont les mêmes.

Procédé de Clémot-Malgaigne (fig. 134 et 155). — 1 er temps. — Il est utile, pour éviter toute perte de sang, de placer sur chaque moitié de la lèvre, à 2 ou 3 centimètres de la fissure, une pince hémostatique dont les mors seront garnis de caoutchouc et qu'on serrera très modérément. Avant de pratiquer l'avivement, il faut mobiliser complètement les deux bords de la fissure de façon à pouvoir les affronter facilement; pour cela, on détruit les adhérences entre le maxillaire et la face profonde de la lèvre, avec le bistouri (Le Dentu) ou, si l'on veut éviter

toute hémorragie, avec le thermo ou le gai vano-cautère.

2 e temps. — On taille, successivement sur chaque lèvre de la fissure, un lambeau à base inférieure et dont le sommet correspond à la partie la plus élevée de la fissure; la taille de ce lambeau se fait en transfixant, avec un couteau à lame étroite, comme le couteau de Graefe, la lèvre, exactement à l'union de la muqueuse et de la peau.

5 e temps. — Les deux lambeaux sont renversés en bas et adossés par leurs faces cimentées.' On les réunit alors par des points au crin de Florence ou au fil d'argent- très fin ; chaque lil pénètre et ressort à 5 millimètres de la ligne d'accolement et prend toute l'épaisseur de la lèvre, sauf sa muqueuse profonde; ils réalisent ainsi le rapprochement des surfaces et l'hémostase sans qu'il soit nécessaire de faire de ligatures.

Pansement occlusif au collodion, avec une bandelette de gaze fixée par ses deux extrémités sur les joues qu'elle rapproche. Immobiliser les bras pour que l'enfant ne touche pas à la pluie.

Fig. 134 et 155. — Procédé de Clémot-Malgaigne.

BGICME. rllAïiYXX ET GLAM'ES SAL1TAIKES.

Alimentation à la cuiller pendant les premiers jours. Les iils sont enlevés le I e jour, sauf celui du bord inférieur de la lèviv qui est laissé en place jusqu'au lendemain.

Procédé de Mirault i/r</. IJm. 157 et IJWi. — Il ne diffère du

¥ï£. 1C*V. 157 tri 1">. — I*n»c«roV de llirauil.

précédent que par la taille du lambeau: le reste de l'opération : mobilisation de la lèvre, suture et pansement, est le même.

Sur la lèvre interne de la tissure, on taille par transfixion un lambeau analogue à ceux de Clémoï- Malgaigne. mais un peu plus épais.

Puis on avive la lèvre ex tenu» de la iissure dans toute sa liauteur et jusqu'au delà de son angle inférieur, sous le bord horizontal de la lèvre, en abrasant sa muqueuse avec de petits ciseaux courbes.

Le petit lambeau est rabattu de sorte que la lèvre interne de la fissure représente maintenant un angle rentrant qui vient s'appliquer à la lèvre externe avivée; on le suture dans celte position ; il faut placer le premier point au niveau de l'angle inférieur et externe de la fissure.

S. Réfection de la narine. — On peut la faire de diverses façons, appropriées à iliaque cas. llerger fait une in:*i>io:i coiitoiiriiant l'aile du nez, détaehe complètement celle-ci ef Milure mui bord postérieur à la cloison préalablement avivée i//V/. | ."»!», HO et Hli.

Le Oentu >e miilenle de l'aire, .ni point le plus aplati de la iinrine, une petite exei-iui de> iN-u- en forme de triangle à

Fiç. 131*. — Pi\>rt'«<l,'. oV Itergri pour la i-r>t;turation oV la narine. 1" it-ni** : incision contournant lail»* <lu ne/ et huWuHi à la Mn.iult taillant un laiiilM*au mit la lêvr»* i'.\t»*nie oV rliacuui- «le* li»ur«->.

lii TÊTE ET COU.

base répondant au bord de la narine ; les tissus de l'aile du nez sont sectionnés très obliquement, « de manière que la

perte de substance soit sensiblement plus grande à la face interne de la narinequ'a sa face externe; les sutures ont forcément pour résultat d'en arrondir le contour ».

2° Bec-de-lièvre simple bilatéral. — Lorsque le lobule médian est suffisamment développé, il n'y a qu'à faire, sur chaque fissure, l'opération de Clémol-Malgaigne ou de Mirault (celle-ci peut être employée même lorsque le lobule est moins haut que le reste de la lèvre).

Quand le lobule médian est tout à fait rudimentaire, il faut faire une autoplaslie véritable avec des lambeaux empruntés aux joues et réunis au-dessous du nez.

3 U Bec-de-lièvre compliqué.

I.a fissure du bord alvéolaire n'exige pas, par elle-même, une opération spéciale er, lorsque riutermaiilLnre fait une saillie nulle ou peu marquée sur le reste du bord alvéolaire, on se contentera de suturer la Assure des parties molles, sans s'occuper de la tissure osseuse qui, le plus souvent, se fermera d'elle-même.

Hais d'ordinaire riulerinsiillaire fait un relief très apparent qui empêcherait la reconstitution do la lèvre et qu'il faut niveler. La technique à employer dans ce but dilhire suivant qu'il s'agit d'une tissure unilatérale du bord alvéolaire ou d'une fissure bilatérale, avec tubercule médian appendu à la sons-cloison cl toujours saillant en avant ; lice -de-liè ire compliqué bilatéral).

BOUCHE. PHARYNX ET RUSHES SAUVAMES. ISS

a. Bec-de- lièvre compliqué unilatéral. — Il faut mobiliser par une double osléolomic l'hilermaxi Maire saillant et le i. ■ li ni ! i-i dans I;i fissure alvéolaire où on le fixe par une suture (Dupla; ').

Les adhérences de la lèvre au squelette sont d'abord cnmplèleiiienl détachées el on avive les bords de la fissure osseuse. Avanl de pratiquer l'ostéotomie, il est bon de perforer l'inlerrnaxillaire avec un forel pour passer les lils d'urgent qui le fixeront fout à l'heure aux parlies osseuses voisines (l.e Dentu).

Incision verticale de la muqueuse gingivale sur la face antérieure <h\ bord alvéolaire entre la canine et la dernière incisive du côté sain ; en ce point, on applique un ciseau étroit qu'on dirige obliquement en avant cl en dedans : il détache l'intermaxillaire suivant un trait qui vient aboutir dans la fente palatine, à t ou '2 centimètres en arrière de l'arcade dentaire ifiij. 112). lin second coup de ciseau, appliqué horizontalement juste au-dessus de ht l'ace supérieure du bord alvéolaire, seclionne l'épine nasale antérieure el le vomer et achève de mobiliser l'inle.rmaxillaire.

Le fragmenl esl ensuite refoulé en arrière dans la fissure el lixé par deux su- I lires métalliques. Par-dessus, on refait la lèvre par les procédés habituels.

p. Bee-de-lièvre compliqué bilatéral.

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