TRAITEMENT DU FILET
cria n'es! nullement démontré. Aussi, je m'abstiens d'opérer la section de cette membrane quand l'enfanta déjà atteinl l'âge de trois ou quatre ans.
Si, en relevant la langue d'un petitenfant, vous apercevez un filet, vous pouvez le sectionner, à la condition toutefois que le filet soit membraneux et pellucide ; que CC soit un pli de l'épaisseur d'une mince baudruche, sans aucun élevaient vasculaire contenu dans son épaisseur.
Ne sectionnez jamais un filet court, charnu ou d'un blanc mal. Je me souyiens d'avoir vu, entre les mains d'un de mes maîtres, Legroux, médecin de l'Hôtel-Dieu, dont j'étais l'interne, un enfant nouveau-né, périr à la suite de la section d'un filet charnu; quelques moyens de constriction que nous ayons employés pour arrêter une hémorrhagie que les efforts constants de succion rendaient incoercible. La cautérisation au fer rouge fut même, en vain, mise en usage ; l'enfant mourut, moins de vingt-quatre heures après l'opération. J'aurais affaire maintenant à une semblable hémorrhagie que j'espérerais pouvoir en triompher par un moyen que j'ai employé depuis avec succès, mais dont alors, ni personne, ni moi-même, nous ne nous sommes avisés. Ce moyen consiste à passer un fil en arrière du point qui donne et à lier ensemble toute la portion du frein comprise dans l'anse.
Je ne puis considérer comme un danger, dans la section du filet, la chance de produire le phénomène curieux, trop curieux même pour être vraisemblable, du renversement de la langue en arrière et de l'étouffement qui en serait la conséquence.
11 y a une légende d'après laquelle la cargaison vivante des bâtiments négriers arrivait volontairement à ce résultat dans les loisirs du confinement, pour échapper par la mort à l'esclavage. Quoi qu'il en soit de cette légende le
342 GRE>TOUILLETTE. FILET.
renversement de la langue me paraît absolument impossible à la suite de la section du filet, qui peut mobiliser seulement la pointe de la langue. J.-L. Petit, qui cite cet accident comme l'un de ceux qui peuvent arriver à ce propos, a été évidemment abusé par des récits erronés.
J'admets, ce qui est, souvenez-vous en bien, la condition sine quanon de l'opération, que vous ayez affaire à un filet membraneux, pellucide, empêchant réellement la succion ; ne vous servez pas de l'instrument classique, à savoir, du pavillon de la sonde cannelée clans la fente duquel, suivant l'usage consacré, vous devez engager le filet après avoir relevé, du plat du pavillon, la partie inférieure de la langue. Je suis heureux d'avoir cette occasion de révéler à plusieurs d'entre vous un des rares usages du pavillon de la sonde cannelée presque universellement oubliés de nos jours.
Rappelez-vous que vous portez avec vous la meilleure des sondes cannelées : à savoir, l'index de la main gauche que vous introduisez sous la langue en la relevant légèrement. Votre main droite, armée de bons ciseaux, les conduit sur votre main gauche et alors, doucement, lentement, sans surprise, vous coupez à petits coups la lame membraneuse qui cède aussitôt. Par ce moyen bien simple, vous évitez les déchirures de la muqueuse sublinguale, si fréquentes avec la sonde cannelée, et surtout les hémorrhagies dues aux vaisseaux ranins que lèsent parfois les opérateurs imprudents , ceux qui, sans conducteurs, plongent purement et simplement leurs ciseaux courbes sous la langue et sectionnent le filet, pour ainsi dire, au juger.
Rappelezf-vous toutefois, et je veux vous laisser sous cette impression, que, pour une petite section de filet que vous pratiquerez de temps à autre, il vous arrivera cent fois de refuser cette opération quand vous aurez constaté, comme