GRENOUILLETTE. TRAITEMENT
rieure de la tumeur, un lambeau triangulaire, intéressant la muqueuse el la paroi kystique, à pratiquer une boutonuière à la base de ce lambeau, et à y faire passer, en l'y suturant, le soiiimri dudit lambeau replié sur Lui-même. De cette façon, l'existence d'une fistule salivaire est assurée.
Le traitemenl des kystes salivaires, relatifs aux glandes accessoires, repose suc un seul moyeu : l'établissement de la suppuration. C'esl ici que les moyens, dont j'ai fait peu de cas plus haut, reprennent leur valeur. Telles sont : les injections iodées, auxquelles ou a reproché quelquefois des accidents généraux, approchant de l'intoxication; la cautérisation au fer rouge ou à la pâte deCanquoin; enfin l'établissement d'un selon.
Pour ma part, je ne conçois pas pourquoi l'on n'applique pas, aux kystes des glandes salivaires accessoires, un traitement identique à celui qui est généralement adopté pour les kystes séreux et que vous m'avez vu pratiquer ce matin devant vous, a savoir, l'excision à l'aide des ciseaux courbes, suivie d'une cautérisation au nitrate d'argent ou.au chlorure de zinc. Je sais que, pour ma part, ce procédé ne m'a que lien rarement fait défaut.
Vous avez vu que la grenouillette de notre malade était brocidente. Nous avons pincé la paroi du kyste et l'avons attirée en dehors; j'ai tendu la partie de la tumeur prise entre les pinces, comme je le fais dans l'amygdalotomie ; j'ai enlevé un segment de grenouillette. L'enfant a craché une quantité considérable de liquide. J'ai aperçu alors nettement un orifice dans lequel pouvait passer mon petit doigt, et par lequel j'ai introduit un crayon de nitrate d'argent et cautérisé l'intérieur de la poche, dans toute sa surface. Je ne doute pas de la guérison.
Faire suppurer, tel est donc le traitement de ces sortes de grenouillettes.
Il n'y a qu'un traitement convenable des kystes dermoïdes, c'est l'extirpation, soit qu'on puisse saisir le kyste avec des pinces à érignes ou mieux avec des pinces à cadre et l'extirper sans l'ouvrir, soit que l'on soit forcé, comme cela arrive presque constamment, le kyste s'étant déchiré sous l'influence des tractions, de l'ouvrir largement, de le vider, de disséquer ses parois plus ou moins péniblement. Quand cette dissection a été bien faite, il n'y a pas de récidive à prévoir.
J'en ai fini, messieurs, avec la grenouiliette, mais je ne veux pas terminer cette leçon sans vous dire un mot d'une affection ou prétendue affection sur laquelle il est important d'être fixé au point de vue pratique. Je veux parler du filet, c'est-à-dire du développement anormal du repli muqueux qu'on appelle frein de la langue et de la conduite à tenir par rapport à cette affection.
On croyait autrefois que tous les enfants apportaient en naissant cette disposition, et l'usage était de sectionner invariablement le filet ou de faire semblant de le sectionner, car, où il n'y avait pas de filet, le médecin perdait ses droits ; et il est certain qu'il n'y en a pas dans l'immense majorité des cas.
On prétend même que certaines matrones italiennes, chargées de cette opération sommaire, laissaient pousser l'ongle de l'index dans ce but. Aujourd'hui, en France et dans les milieux éclairés, l'opération dite du filet est fort restreinte et nous ne la pratiquons guère, à notre consultation, qu'une vingtaine de fois par an.
D'abord, doit-on la pratiquer et dans quelles conditions doit-on le faire? Toutes les fois que le frein est anormalement développé et gêne la préhension du mamelon, la succion et, par suite, la nutrition de l'enfant; plus tard il pourrait peut-être en résulter un vice de prononciation, mais