‹ Chirurgie des enfantsChapitre 106 sur 222 · TRAITEMENT CONSÉCUTIF. ACCIDENTS · texte numérisé non relu

TRAITEMENT CONSÉCUTIF. ACCIDENTS

niiv. Je crois cependant en connaître un exemple. Une dame que je soignais pour une fracture de jambe, un jour, me raconta qu'une de ses parentes venait de mourir après s'être fait enlever les amygdales avec l'amygdalotome. Le lendemain, le médecin était venu et avait trouvé son opérée à table. Il aurai! examiné sa gorge et, voyant proéminer une surface, il aurait pris un bistouri pour compléter l'opération de la veille. La section était à peine faite que la malade rendit un flot de sang et mourut. J'ignore le nom du médecin et je n'ai fait aucune enquête pour constater la réalité du fait. Je vous le livre donc pour ce qu'il vaut et avec l'enseignement qu'il comporte. Il ne me semble pas douteux que, dans ce cas, il y a eu section de la carotide interne ; je n'en connais pas d'autre exemple. Je me souviens d'un autre fait d'hémorrhagie grave qui s'est passé, dans cet hôpital môme, sur la personne du regrettable professeur Axenfeld. Axenfeld, étant interne, se fit enlever les amygdales par Guersant, qui se servit de l'amygdalotome. Il eut une hémorrhagie telle que ses collègues furent obligés de le garder toute la journée. Dans ce cas, c'est le plexus veineux sous-amygdalien qui donna naissance à l'hémorrhagie. Enfin, vous avez connu tout dernièrement le cas malheureux d'un de vos camarades, opéré par un autre maître, trop tôt enlevé, le professeur Broca. Ce jeune étudiant, étranger, de 24 à 25 ans, eut une hémorrhagie qui ne fut arrêtée que par une pince à pression et succomba le lendemain. Je ne crains donc pas de me répéter en vous rappelant une fois de plus à ce propos que l'amygdalotomie chez l'adulte est une opération hérissée de difficultés; ne les faites doue qu'à votre corps défendant et en prenant toutes vos précautions.

Il fautnoter encore les hématémèses qui effraient beaucoup les parents. Leur origine est bien simple. L'enfant avale

petit à petit, à la suite de l'opération, une assez grande quantité de sang qui coule le long de la paroi postérieure du pharynx. A un moment donné, l'estomac se regimbe et l'enfant vomit. Il y a même des selles noires, du mélsena. Tout cela, rappelez-le vous bien, pour faire partager votre conviction aux parents inquiets, n'a pas la moindre importance.

Vous n'aurez jamais à craindre, en vous servant des pinces et du bistouri, la déchirure ou la blessure de la langue, et vous ne courrez pas le risque, après avoir littéralement embroché votre malade au mauvais endroit, de ne pouvoir le décrocher, ce que j'ai vu arriver plus d'une fois. Quant à la blessure du voile du palais, accident auquel l'emploi du bistouri semble vous exposer, c'est une plaie simple qui, se réparant en deux jours, n'a aucune conséquence sérieuse, à parties inquiétudes qu'elle inspire à l'entourage.

J'arrive maintenant à un accident qu'on ne peut appeler consécutif à l'opération puisqu'il résulte de circonstances indépendantes de celle-ci, mais qui peut arriver, en dehors de toute prévision raisonnable, et auquel il faut toujours songer, je veux parler de la diphthérie. J'étais arrivé au chiffre respectable d'un millier d'amygdales coupées sans accidents diphthéritiques; j'avais même eu, chose curieuse, un cas de guérison chez le premier diphthéritique auquel j'avais enlevé lesamygdales,quandle fait suivants'estproduit: une dame se présenta dans mon cabinet avec un enfant extrêmement pâle. Elle me montra chez cet enfant des amygdales très grosses et me demanda s'il n'y avait pas lieu de les couper. Sans voir dès l'abord de contre-indication positive à l'opération, mais me conformant au principe que je vous ai énoncé, de ne pas accueillir la sommation d'enlever les amygdales hic et nunc, je lui répondis non. Tâchez de les faire réduire avec du jus de citron, du tannin, de l'alun....

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