TRAITEMENT CONSÉCUTIF. ACCIDENTS. 3G
Elle insista, disant que l'enfant ronflait en dormant, que sa poitrine se développait mal et que l'opération lui avait été conseillée par plusieurs médecins.
Réflexion faite, et n'y trouvant pas d'objection péremptoire, je coupai les amygdales le lendemain, avec la plus grande facilité ; j'y retournai le soir; l'enfant allait bien.
Le lundi il était au plus mal de la diphthérie. Je fis une trachéotomie et, trois jours après, l'enfant succomba; j'ai su du Dr Alphonse Guérin, qui connaissait la famille et avec lequel la mère qui désirait l'opération s'était bien gardée de me mettre en rapport dès le commencement, que le père de l'enfant était mort albuminurique et qu'on ne pouvait pas opérer sur un plus mauvais terrain.
Voilà un fait qui m'a beaucoup affligé et dont il faut tenir compte. Il y a des cas dans lesquels l'amygdalotomie peut être suivie de diphthérie, môme quand la constitution médicale du moment et du lieu ne le fait pas particulièrement prévoir. A plus forte raison donc, en temps d'épidémie, il faudra s'abstenir de cette opération.