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PANSEMENT OUATÉ

dans un autre pansement, m'a paru capital dans un certain nombre de circonstances, et j'ai remarqué que ce système de pansement enrayait bien, il est vrai, le travail d'inflammation ou mieux l'empêchait de se produire, mais ne faisait, pour ainsi dire, que le tenir en suspens et laissait aux accidents inflammatoires la porte toute grande ouverte, pour peu qu'on se relâchât quelque peu de sa surveillance.

Le pansement ouaté a rendu de tels services qu'il serait non seulement injuste, mais absurde de contester son efficacité ; il me paraît, malheureusement, impossible chez les jeunes enfants, et on ne saurait guère trouver son application que chez les demi-adultes, c'est-à-dire au-dessus de 12 à 13 ans. Les tentatives que nous avons faites dans ce sens ont presque toujours été suivies d'insuccès, à cause de la malpropreté des enfants qui urinent dans leur appareil et ne tardent pas à le convertir en fumier. Si l'on ajoute à cela l'impossibilité de se rendre compte de la douleur perçue par l'enfant sous cet appareil, la nécessité d'avoir toujours sous la main un panseur habitué à appliquer l'appareil ouaté, et par suite à l'exécuter avec toute la perfection qu'il comporte ; enfin, le séjour très prolongé que nécessite ce système à l'hôpital, on comprendra que j'y aie renoncé au moins pour les jeunes enfants, et pour les plaies du membre inférieur. Il est en effet d'observation, et j'ai consigné maintes fois le fait que, sous le coton les plaies guérissent lentement, et, comme l'a dit avec autant de vérité que de naïveté l'un de mes élèves, les plaies, quand on enlève l'appareil, au bout de vingt-cinq jours, ont l'air d'avoir été faites la veille. Ce n'est pas tout, le volume énorme des appareils rend les enfants intransportables ; il est donc impossible de leur faire quitter l'hôpital, pour les envoyer en convalescence avant leur absolue guérison. De

la, comme je le disais tout à l'heure, la nécessité d'un séjour très prolongé dans les salles. Or, on sait qu'à l'hôpital, pour peu que la durée du séjour dépasse six semaines ou deux mois, il y a de grandes chances pour que le malade contracte une affection intercurrente (rougeole, scarlatine ou diphthérie). Toutes ces raisons m'ont fait, à mon grand regret, renoncer, dans beaucoup de cas, à l'appareil ouaté dont je reconnais, dans un autre milieu, les grands avantages et l'influence incontestable sur la guérison des grandes plaies, après les amputations, par exemple.

Je termine par le pansement antiseptique, et je vous prie de ne pas me considérer comme un des derniers adversaires de la méthode antiseptique, en me voyant faire de grandes réserves à l'égard du pansement qui relève de cette méthode. La méthode antiseptique comprend un procédé opératoire : l'incision pratiquée sous le spray, avec des instruments trempés dans une solution phéniquée, la ligature au catgut; elle comprend aussi un pansement maintenant universellement connu où le protective, la gaze phéniquée et le mackintosh sont superposés dans un ordre inéluctable.

Appuyée sur une des théories qui ont eu la plus merveilleuse fortune scientifique de ce siècle, celle du panspermisme, la méthode de Lister a bénéficié de l'autorité de M. Pasteur, de sorte qu'elle s'est élevée au-dessus du niveau ordinaire de la petite chirurgie, son domaine propre, est entrée dans la grande chirurgie, l'a transformée, a pris rang dans la science, a fait le tour du monde et règne maintenant partout, sans contestation. Y a-t-il là seulement de la vogue et de l'engouement? Y a-t-il un progrès véritable? Il y a un progrès, à n'en pas douter. Encouragée par l'immunité réputée des opérations accomplies, dans les conditions delà méthode listérienne, le chirurgien a abordé avec plus de hardiesse les cavités fermées à l'air, la plèvre,

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