‹ Chirurgie des enfantsChapitre 13 sur 222 · PANSEMENT ET MÉTHODE ANTISEPTIQUES · texte numérisé non relu

PANSEMENT ET MÉTHODE ANTISEPTIQUES

le péritoine, les cavités articulaires; les parties les plusprofondes du squelette ont été résolument attaquées. On ne peut nier qu'il n'y ait maintenant plus d'opérations d'empyème qu'autrefois, que l'ovariotomie n'ait pas vu augmenter son succès, que la laparotomie ne soit née sous la garantie de la même immunité, que la taille n'ait pas repris le dessus sur la lithotritie, que le nombre des résections longues et difficiles n'ait pas augmenté, que l'ostéotomie,, la trépanation des os n'aient pas gagné un crédit considérable et mérité. Il y a donc progrès, en ce sens qu'une superstition s'est éteinte, celle des dangers inévitables de l'entrée de l'air dans les cavités fermées; progrès encore, parce qu'on a renoncé, en grande partie, aux palliatifs engendrés par cette superstition, parmi lesquels je considère les ponctions capillaires comme un des plus dangereux. Il y a progrès, en ce sens que le chirurgien opère avec plus de confiance et en même temps, avec plus de soin, d'une façon plus posée. S'il y a progrès, il serait absurde de résister à ce progrès, d'autant que cela n'est pas possible, étant donnés les courants irrésistibles d'opinion qui influent sur l'évolution de notre art, et sans lesquels il resterait sta— tionnaire ; mais l'histoire seule pourra dire si les mêmes hardiesses, jointes aux mêmes précautions, en dehors même de l'égide listérienne, n'auraient pas eu exactement le même succès.

Vous m'avez vu et vous me verrez donc opérer le plus souvent dans les conditions listériennes, sans que je sois bien convaincu que la chirurgie doive à cette méthode tout se qu'elle croit lui devoir. Un de mes amis, aussi sérieux au fond qu'humoristique dans la forme, a dit : Le plus grand enseignement de Lister, à l'égard des chirurgiens, c'est de leur avoir appris à se laver les mains. Otons à cette pensée, sa forme légèrement irrévérencieuse pour nos vieux mai-

très, il restera beaucoup de vérité. Lister nous a appris tout ce que nous pouvons oser, en agissant avec une propreté à toute épreuve, un soin méticuleux, et les germes pourront perdre l'empire du monde pathogénique (comme il n'est pas invraisemblable qu'ils le perdront un jour), sans que le bienfait de Lister diminue de sa valeur.

Les considérations d'ordre général, quel que soit leur intérêt, ne doivent pas nous faire perdre de vue le but exclusivement 'pratique de ces leçons. Je n'oublie pas que je vous ai promis mon opinion sur le pansement listérien, suivant l'usage que j'en ai fait, mais il y a une telle connexité entre ces pansements et la méthode opératoire reposant sur les mêmes principe que je n'ai pu m'empêcher de vous parler de la méthode opératoire. Cette dernière, malgré son immense succès, n'a pas été sans rencontrer quelques critiques bien fondées, dont je vous parlerai surtout parce que le pansement lui-même n'est pas entièrement à l'abri des mêmes critiques.

Le spray, qui est une des parties essentielles de la méthode opératoire, outre ses inconvénients comme impedi- .mentum pour le chirurgien, si habile et si accoutumé qu'on le suppose à opérer sous cette buée, a l'inconvénient grave de mouiller considérablement et de refroidir le petit malade, dont le corps, en raison de ses proportions minimes, est englobé, pour ainsi dire, dans la buée, surtout dans les opérations longues et dans celles qui obligent à découvrir beaucoup le patient. Le professeur Schœnborn (1), de Kœnigsberg, a fait cette remarque et conseille d'entortiller de couvertures, de protéger avec des tissus imperméables les

(1) Handbuch der Kinderkrankkeiten, publié par le Dr C. Gerhardt, VI Bd, I Abtheilung. Allgemeines ùber Operationen Verhande, par le professeur iSchônborn, p. T et 8.

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