ABCÈS RÉTRO-PHARYNGIENS. STATISTIQUE
gicn que quand on a réussi à en faire le diagnostic et quand la nécessité de l'intervention chirurgicale a été reconnue. Il a donc fallu que la bienveillante initiative de mon excellent ami et collègue le Dr Labric vînt cà mon aide pour me faire poursuivre l'étude de cette intéressante affection.
En effet , Messieurs, ce ne devrait pas être à moi de porter la parole dans cette enceinte sur les abcès rétropharyngiens. Ce rôle conviendrait mieux à mon excellent collègue, qui en a observé plus de dix cas, et qui possède pour le diagnostic de l'abcès rétro-pharyngien un tact tout particulier (c'est le mot propre à l'égard d'une affection qui se reconnaît surtout par le toucher). Si j'ai maintenant ce diagnosLic au bout du doigt, passez-moi l'expression, à cause de sa justesse, c'est lui qui m'a formé. Il est donc à regretter que son incurable modestie lui fasse garder le silence et ne lui permette même pas de publier le mémoire que nous attendons tous de lui sur cette intéressante question. A défaut de mon ami Labric, je vais essayer de traiter la question; mais, comme je vous le disais tout à l'heure, je ne ferai que vous dépeindre ce qu'il m'a maintes fois montré, et en dehors de ce que j'aurai pu colliger dans ce qui a été publié sur la matière, je ne serai que l'écho des idées qu'il m'a souvent transmises, en présence des faits cliniques qu'il m'a fait voir.
Les abcès rétro-pharyngiens, déjà signalés par Ambroise Paré et J.-L. Petit, ne sont bien connus que depuis 1819, grâce à une observation d'Abercrombie (1), bientôt suivie par un mémoire important de Fleming (de Dublin). Ce mémoire a établi du premier coup sur des bases assez solides la pathologie, la symplomalologie et la thérapeutique de l'affection. Ensuite vient le mémoire de Mondière, médecin
(1) Publiée dans le Journal d'Edimbourg.
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de Loudim (1). Dans les derniers temps, les abcès rétropharyngiens ont été très bien étudiés par Gillette (2) sous le nom d'abcès ■pharyngiens idiopathiques . Ils ont fait l'objet des thèses de Roustan (3), de Jacquemart, à Paris, de Gautier (Genève et Bâle), et ont fourni la matière d'un intéressant article à Abelin.
Il est d'usage pour les abcès rétro-pharyngiens, comme pour toute espèce de question chirurgicale importante, de commencer par rappeler les points saillants d'anatomie chirurgicale qui ont rapport à cette question. Je saurai me borner dans cette étude et j'appellerai seulement votre attention sur trois points qui me paraissent d'un intérêt capital : la dureté de la couche fibreuse de la charpente du pharynx ; le voisinage très proche de troncs veineux artériels et nerveux de premier ordre, à cette région, enfin la présence indiscutable d'un ou de deux ganglions lymphatiques derrière le pharynx.
Le premier point vous défendra d'espérer une solution heureuse, due à la simple expectation; le second vous engagera à la prudence et vous fera entourer de diachylon la lame de votre bistouri; quant au troisième point, il satisfera, je l'espère, les curieux et leur expliquera pourquoi les abcès rétro-pharyngiens se développent à leur lieu d'élection, c'est-à-dire en arrière du pharynx, plutôt qu'ailleurs.
La membrane fibreuse du pharynx s'attache en haut par
(1) V. Mondière. Recherches pour veroir à l'histoire des abcès rétro-pharyngiens. In L'Expérience, 1812, t. IX, p. 33.
(2) V. Gillktte. Des abcès pharyngiens idiopathiques . Thèse de Paris,
(3; V. Roustan. Des abcès pharyngiens idiopntiques, 1869.
Gautier. Des abcès rétro-pharyngiens idiopathiques, 18C9. Jacquemart. Etude sur les abcès du pharynx, 18*2. V. aussi Abelin. Des abcès rétro-ph-rryngiens chez les jeunes enfants. In Gaz. hebdom., 1873, n° 44.