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ABCÈS RÉTRO-PHARYNGIENS. TRAITEMENT

Ecartant alors le pilier antérieur, je sentis avec le doigt une saillie très notable, presque sur la ligne médiane, bien qu'un peu déjetée à droite ; je l'incisai profondément dans une étendue de quatre centimètres; le pus s'écoula à flots et la malade guérit.

J'insiste sur la nécessité de faire une ouverture assez large, en raison des dangers que présente l'occlusion prématurée de la plaie et qui sont bien en rapport avec ce que nous avons noté plusieurs fois par rapport à la promptitude de la réparation dans les plaies de la bouche ou de l'arrièrebouche. Gillette et Roustan citent des faits de mort consécutive à la fermeture trop prompte de l'abcès.

Un mot sur les ciseaux imaginés par M. Guérin. Ce sont des ciseaux coudés sur les bords dont une des branches très acérée est dissimulée derrière l'autre branche mousse, quand l'instrument est fermé. C'est dans cet état qu'on introduit l'instrument jusque sur l'abcès. Là on ouvre les ciseaux, on pique, on referme etondivulse, pour ainsi dire, l'ouverture que l'on a faite en y laissant l'instrument.

Cet instrument, beaucoup moins facile à manier que le bistouri, n'a de supériorité réelle que sur le petit couteau d'ivoire de Petrunte, sur la lancette si incommode à tenir, sur le pharyngotome de J.-L. Petit et enfin sur les diverses espèces de trocarts.

Dans quelques circonstances, rares, il est vrai, l'ouverture a été faite indirectement et loin du foyer de l'abcès, à la suite d'une erreur de diagnostic.

C'est ainsi que, cette année et dans cet hôpital, un enfant, atteint d'abcès rétro-pharyngien, fut opéré pour un croup. Peu de temps après l'opération, l'abcès s'ouvrit dans les voies aériennes et des flots de pus s'écoulèrent par la canule.

C'est ainsi également que dans une circonstance analogue

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un de nos internes, faisant l'opération de la trachéotomie, couche par couche, et y mettant une certaine lenteur, eut la bonne fortune d'ouvrir un abcès rétro-pharyngien, avant d'entrer dans la trachée. Que d'autres erreurs de diagnostic on aurait à enregistrer à ce sujet! Citons, sans nous y arrêter, l'abcès rétro-pharyngien, situé très haut, pris pour un polype naso-pharyngien, une autre fois pour une masse tuberculeuse ramollie ou pour une tumeur gommeuse. La luxation incomplète d'une vertèbre cervicale a pu être prise pour un abcès, quelque étrange que puisse paraître la méprise.

L'accident que l'on doit redouter dans l'opération qui nous occupe est principalement l'hémorrhagie. Des faits lamentables ont été publiés dans ce sens.

Dans ces cas d'hémorrhagie grave, Gillette se demande avec raison si c'est bien la carotide interne qui est lésée. Il paraît pencher plutôt vers la lésion de l'artère pharyngienne à l'état d'anomalie ou développée à l'excès par suite du travail congestif de toute la région. Admettant avec lui qu'on ait exagéré le risque, très réel pourtant, de [blesser l'artère carotide interne, on doit pourtant tenir compte de ce danger, en attendant pour faire l'incision, quand il n'y a pas urgence extrême, que l'abcès se soit dirigé vers le raphé médian ; on évitera ainsi l'hémorrhagie, seule complication grave d'une intervention chirurgicale tellement efficace qu'aucun autre traitement de l'affection redoutable, dont nous nous sommes occupés aujourd'hui, ne saurait lui être opposé.

YINCrT-QUÀTRIÈME leçon

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