POLYPES NASO-PHARYNGDENS. TRAITEMENT
ces procédés une des méthodes suivantes : en première ligne, l'application de l'électricité, soit que vous employiez le bouton galvano-caustique, soit que vous ayez recours à la méthode électrolytique.
Le premier de ces procédés m'a donné de trop beaux résultats pour que je ne lui accorde pas personnellement la préférence ; mais je crois que la décomposition chimique obtenue par l'électrolyse et qui a donné également de très bons résultats entre les mains de Nélaton, de Dolbeau, de Guyon, pourra aussi être employée avec succès.
Quelque prédilection que vous m'ayez souvent vu professer pour la cautérisation en flèches, maniée avec tant d'habileté par Maisonneuve, j'avoue que je la crois ici d'une application difficile, voire même dangereuse. La possibilité de la chute d'une flèche caustique, soit dans les voies digeslives, soit dans les voies respiratoires, la lenteur avec laquelle tombent les eschares (de dix à douze jours), etpar suite Tin— toxication probable déjà signalée, vous donneront la raison de mes craintes légitimes à ce sujet.
La section du voile du palais, soit longitudinale, soit transversale, comme le veut Bœckel, a permis à Nélaton de faire subir au polype un traitement que je lui ai vu souvent pratiquer avec succès; je veux parler delà destruction lente du polype par des attouchements réitérés d'acide nitrique monohydraté que l'on conduisait sur la masse sans intéresser les parties voisines en les protégeante l'aide d'un large tube de verre. Ce moyen qui a été même remplacé, autant que je puis me le rappeler, par des cautérisations répétées à l'aide du cautère à gaz, a pu donner de bons résultats pour les polypes de petites dimensions et sans prolongements.
C'est dans tous les cas par ces divers moyens (galvanocaustie, électrolyse, cautérisations à l'acide nitrique après section préalable du voile) qu'il vous sera possible, àl'exem-
pie de nombreux chirurgiens, d'arrêter les envahissements du polype, de gagner du temps et de permettre parfois au malade d'attendre la période d'immunité où la régression spontanée se produit.
C'est pour les cas où ces divers procédés sont inapplicables, soit en raison de la masse considérable du polype, soit à cause des prolongements divers qu'il a envoyés dans les sinus, que la résection complète du maxillaire a été proposée et exécutée avec succès, soit que l'on ait fait la résection complète ou la résection temporaire d'Huguier, ou bien enfin la résection sous-périostée d'Ollier. Je dirai plus, la résection me semblerait l'opération radicale à proposer d'une manière générale, en raison delà large voie qu'elle ouvre et qui permet non seulement d'enlever le polype et ses prolongements, mais encore de gratter efficacement son pédicule, si ce résultat n'était pas chèrement acheté au prix d'une mutilation que des appareils prothétiques, d'une construction délicate et difficiles à porter, n'arrivent pas toujours à dissimuler. Aussi la résection du maxillaire, sauf dans les cas de prolongements étendus et multiples dans les sinus, a-t-elle cédé le pas aux autres procédés pour lesquels nous avons motivé notre préférence, procédés plus en rapport avec ceux de la chirurgie conservatrice.
Parlons maintenant des polypes du conduit auditif externe ; une belle coupe de ce conduit et des autres parties constitutives de l'oreille, représentés par notre figure 68, d'après M. Tillaux, vous facilitera la conception du siège anatomique de ces polypes, qui ne sont pas rares. Il nous a été donné d'en observer cette année plusieurs exemples qui nous ont tous paru être survenus à la suite d'une otorrhée chronique, avec ou sans perforation de la membrane du tympan. Leur présence sur cette membrane ou sur l'un des points du conduit auditif externe, avait-elle été la cause