POLYPES DU CONDUIT AUDITIF EXTERNE
primitive de la suppuration rebelle qui s'était manifestée et contre laquelle tous les moyens thérapeutiques avaient échoué, ou bien cette suppuration elle-même, due à toute autre origine, avait-elle déterminé la formation de bourgeons charnus polypiformes ? H est fort difficile de se prononcer en faveur de l'une de ces théories. Cependant il semble que, dans l'état actuel de la science, on peut avec Duplay reconnaître une distinction, peut-être moins facile à constater, au point de vue clinique, qu'à prouver par l'anatomie pathologique, entre les polypes vrais et les fongosités.
Les polypes vrais se diviseraient comme ceux des narines et du pharynx en muqueux et en fibreux. Les polypes muqueux, de beaucoup lesplus fréquents, sontrecouverts d'un épithélium pavimenteux ou cylindrique à cils vibratiles. Véritables myxomes, ils renferment souvent de petits kystes contenant du mucus et des débris épithéliaux.
Les polypes fibreux, beaucoup plus rares, ont une structure fibreuse constituée par un stroma essentiellement fibreux et une origine à peu près constante. Ils naîtraient <lu périoste, tapissant le conduit auditif de la caisse, ou de la membrane fibreuse du tympan, et contiendraient souvent des dépôts calcaires.
Les fongosités ne seraient que des bourgeons charnus et n'auraient jamais de revêtement épithélial. Résultant de l'otite périostique ou de la carie des parties osseuses voisines, elles se développeraient avec une vigueur inquiétante au point de vue de la rétention du pus et de l'obstruction complète du conduit auditif externe.
Quoi qu'il en soit, au point de vue clinique tout est variable dans ces productions. Leur volume varie depuis celui d'un pois jusqu'aux dimensions d'une noisette ; leur couleur est tantôt d'un rouge vif, tantôt d'un blanc jaunâtre ; leur surface, parfois lisse et uniforme, est souvent mamelonnée,
chagrinée, avec de s prolongements qui rappellent les polypes dits en grappes.
Enfin, pédiculées ou sessiies, ces productions s'insèrent tantôt près du tympan, tantôt et surtout en haut et en arrière, sur cette membrane elle-même.
Le premier symptôme des polypes de l'oreille est un écoulement purulent fétide acccompagné ou non d'hémorrhagies
Figure 68. — Coupe transversale et demi-schématique de l'appareil auditif (d'après Tillaux).
auxquelles on a voulu accorder une certaine relation avec des suppressions menstruelles chez les filles.
Des bourdonnements, des vertiges, voire même des syncopes, la surdité enfin ne tardent pas à se montrer. Les douleurs ne se produisent guère avec une certaine acuité que dans les cas où le polype, par son volume, vient mettre obstacle à l'écoulement du pus.
Enfin, à l'aide du spéculum auris il est facile de se rendre