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POLYPES DU CONDUIT AUDITIF EXTERNE

compte de la présence de la production polypiforme, et au moyen d'un stylet mousse introduit entre cette masse et le conduit auditif, il est possible de se rendre compte, approximativement au moins, du lieu exact de son implantation.

Le diagnostic présenterait de sérieuses difficultés si l'on voulait admettre dans la question l'hypothèse, très improbable, des fongus de la dure-mère ou bien des tumeurs malignes de l'oreille. Quant à la distinction clinique entre les polypes vrais et les fongosités, on ne saurait l'établir sérieusement, à moins qu'on ne constatât, en faveur de ces dernières, la préexistence d'une ostéo-périoslite ou d'une carie du voisinage.

Longs cà guérir, sujets à la récidive, les polypes de l'oreille constituent, en dehors de ces considérations fâcheuses, une affection souvent grave, en ce sens qu'elle décèle l'existence d'une affection profonde de l'oreille.

La thérapeutique opératoire de ces productions donne rarement des résultats satisfaisants. Si l'on emploie en effet les caustiques, tels que la potasse, le nitrate d'argent, le chlorure de zinc, on est forcé de les manier avec la plus grande discrétion. L'arrachement et l'excision exposent à un résultat fort incomplet. Le moyen que je préférerais et que j'ai le plus souvent employé consiste dans la ligature extemporanée, à l'aide du serre-nœud ou du polypotome de Wilde suivie d'un grattage du pédicule, si on peut l'atteindre, ou d'une cautérisation de ce même pédicule, à l'aide de l'acide chromique, sur un pinceau bien exprimé.

Si les productions polypiformes de l'oreille sont encore mal définies, quelques efforts qui aient été tentés dans ce but, la clarté sera encore bien plus difficile à établir, si nous abordons les polypes du larynx. On se souvient peut-être de la discussion intéressante qui s'est élevée il y a quelques années à la Société de chirurgie, au sujet d'un prétendu

polype du larynx ayant déterminé |une mort subite, les uns prétendant que c'était un polype vrai, les autres assurant que ce n'était qu'un gros bourgeon charnu pédicule, consécutif à l'excision trachéale, qui avait été pratiquée peu de temps auparavant.

Les difficultés ne seront point, dans tous les cas, résolues par l'examen laryngoscopique, presque constamment impraticable chez les enfants.

Sur 28 cas de polypes laryngés, cités par Holmes et réunis dans les Transactions ofthe pathological Society on compte 17 sujets du sexe masculin et 11 du sexe féminin. 8 avaient de 1 à 12 ans et, dans la plupart des cas, la dyspnée spasmodique paraissait avoir été le principal symptôme.

En dehors du fait auquel je faisais allusion et qui présentait également le même symptôme, j'avoue avoir été plusieurs fois invité par des spécialistes distingués à pratiquer la laryngotomie pour des prétendus polypes laryngés qu'on cherchait vainement à me faire voir, et, chaque fois, on invoquait des accès de dyspnée spasmodique, mettant la vie du malade en danger. Je confesse que j'ai toujours refusé de faire la laryngotomie, convaincu que dans cette opération, pratiquée d'emblée, le malade avait de grandes chances de succomber avant qu'on pût remédier à l'hémorrhagie. Aussi, dans un cas dont le souvenir m'est resté parfaitement en mémoire, ai-je ainsi formulé ma règle de conduite. • L'enfant que vous m'amenez respire à peu près correctement. Attendez un véritable accès de suffocation. Dès qu'il sera venu et qu'un vrai tirage sera constaté je lui ferai, non pas la laryngotomie, mais la trachéotomie. Je laisserai la canule à demeure, et une fois mes derrières ainsi assurés, je consentirai à pratiquer la thyrotomie et le curage du larynx. Je ne me rappelle pas avoir jamais été demandé pour intervenir après avoir posé les éléments de ce programme.

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