VINGT-SEPTIEME LEÇON
Thérapeutique chirurgicale des (panchemenls pleuraux en général et dans leur rapport avec l'enfance. — Paracentèse de la poitrine : 1° avec le trocart de Ret/bard; 2° avec le trocart capillaire et l'aspiration. — Pleurotomie: 1° opération de Ycmpyème; 2° résection costale multiple (opération d'Estlander). — Historique. Description raisonnéc et comparaison de ces divers moyens. Application à l'enfance.
Messieurs,
La plèvre qui tapisse la face intérieure des côtes et se réfléchit sur les poumons forme, pour chacun de ces organes, une sorte de sac sans ouverture, qui évolue avec le poumon dans la cage thoracique, le suit dans son extension comme dans sa retraite, et a reçu le nom de cavité pleurale.
Cette cavité qui, à l'état normal, n'est qu'une cavité virtuelle, puisqu' elle est constamment remplie par le poumon, soit dilaté, soit revenu sur lui-même, peut, sous l'influence de traumatismes ou par des causes internes, se laisser distendre par des gaz, de l'air, du sang, des liquides d'épanchement [séreux, séro-fibrineux, purulent) qui, en dehors des autres troubles nombreux qu'ils peuvent apporter à l'organisme, ont tout d'abord l'inconvénient de faire concurrence au poumon pour l'occupation de la loge pleurale ; de comprimer, de refouler cet organe, au détriment de l'acte respiratoire.
Aussi la conception et la pratique d'une opération destinée à évacuer la plèvre de son contenu morbide sont-elles aussi anciennes que la médecine elle-même.
Actuellement, voici les modes d'intervention généralement adoptés pour arriver à ces résultats et les principales indications qui déterminent le choix entre ces divers moyens :
I. — La -paracentèse, c'est-à-dire la ponction de la poitrine,— soit aumoy en d'untrocart de dimension moyenne, le trocart à hydrocèle, devenu, après quelques perfectionnements, le trocart ou plutôt la canule de Reybard; — soit par la méthode aspiratrice, combinant l'emploi d'un trocart capillaire avec la succion opérée par un récipient vide, mis en rapport avec la canule de ce trocart. Les appareils de Dieulafoy, de Gastiaux, de Potain sont les plus généralement usités pour la pratique de ce moyen.
En sont justiciables, suivant des règles qui sont toutes médicales et dans la discussion desquelles je ne veux pas entrer :
a. Tous les êpanchements séreux ou séro-fibrineux, aigus OU chroniques (pleurésie aiguë ou chronique; hydropisie de la poitrine ou hydrothorax) qui exposent le malade à la syncope et à l'asphyxie, en raison même de leur abondance.
b. Ici l'accord commence à être moins complet : les êpanchements même modérés qui sont soupçonnés de virer vers la purulence.
c. Enfin, ce qui est pour moi d'une valeur plus douteuse encore : les êpanchements reconnus purulents . En effet, une fois la purulence démontrée, il y a discussion sur l'opportunité de l'emploi de l'un de ces deux moyens, entre lesquels, à mon sens, le choix n'est pas douteux : la paracentèse ou la piqûre de la plèvre (thoracentèse) et la pleurotomie ou l'ouverture de la plèvre (empyème).
II. — La pleurotomie, opération chirurgicale par excellence, consiste à ouvrir secundum artem la paroi thora-