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INDICATIONS OPÉRATOIRES COURANTES

rai. Telle e si la véritable indication de l'opération d'Estlander,

comme elle a élu exposée dans le remarquable rapport qui ;i été fait récemment par M. Berger à la Société de chirurgie sur celte opération (1).

Ainsi, pour résumer les modes de l'intervention actuellement pratiquée à l'égard de la plèvre et leurs indications : Dans Yépanchement -pleur étique non purulent, mais considérable et menaçant la vie par syncope ou asphyxie, thoracentèse par la canule de Reybard ou par la méthode aspiratrice ;

Dans l'épanchement pleurétique purulcnt,ponc£ions aspiratrices répétées OU pleurotomie (empyème);

Dans le cas de fistule interminable, pleurotomie encore, mais sous la forme de costotomie multiple (opération d'Estlander).

Telle est la pratique couramment adoptée et à laquelle vous pourrez vous conformer, sans blesser l'opinion professionnelle la plus respectable et la mieux autorisée. Ces indications sont-elles inéluctables? Sont-elles suffisamment établies? N'y aurait-il pas intérêt à les éclaircir encore, à les compléter, tout en simplifiant la question, au cas où l'un des procédés, suffisant dans la plupart des cas, mériterait de remplacer le plus souvent les autres? C'est ce que nous allons examiner en tenant compte de la manière dont ces indications se sont dégagées, à la fin, d'une pratique pendant longtemps assez confuse.

Je n'ai pas l'habitude de donner dans mes leçons une grande place à l'historique, mais l'histoire des opérations pratiquées sur la plèvre porte un tel enseignement, par rapport à leur valeur réciproque, que je ne puis m'empècher de la rapporter ici. Je dois d'abord rappeler que l'opération

(1) Séance du 26 décembre 1883.

de l'empyème, la pleurotomie, a été magistralement décrite par Hippocrate, et que, chose curieuse, cette description embrasse toutes les indications qui ont été réparties, dans la suite, au profit d'autres moyens qu'on a considérés, à tort ou à raison, comme des découvertes.

Il est à noter que la description de l'opération se trouve jointe dans les œuvres hippocratiques à celle de la fameuse succussion, qui sert à reconnaître l'hydropneumothorax ou plutôt le pyopneumothorax, qui est encore aujourd'hui l'une des affections pour lesquelles on pratique le plus souvent l'opération de L'empyème.

Je lis la description de l'opération (1).

« Si l'épaisseur ou la quantité du pus empêchait d'entendre aucun son, il ouvrait du côté où la douleur et la tuméfaction étaient le plus sensibles, mais plutôt par derrière que par devant, et à la partie la plus déclive, pour donner au pus une issue plus facile. Il commençait par une incision à la peau avec la machaire de la poitrine (lame en forme d'épée). (Voir note 13 du Médecin.) Puis avec une autre machaire, plus aiguë etplus étroite, entourée d'un linge jusqu'à un demi-pouce de sa pointe, il pénétrait dans la poitrine. Quand il avait évacué autant de pus qu'il le jugeait à propos, il fermait l'ouverture avec une bande de linge attachée à un fil. Tous les jours il évacuait la même quantité de pus. Le dixième jour où tout le pus était sorti, il injectait par l'ouverture du vin et de l'huile tièdes pour nettoyer le poumon. Le matin, il donnait issue à l'injection du soir et le soir à celle du matin. Dès que le pus devenait clair et un peu gênant, il introduisait dans l'ouverture une canule d'étain. A mesure que la poitrine se desséchait, il diminuait la canule et laissait ainsi peu à peu consolider la plaie. Si le pus était blanc

(1) V. Darembergj Hippocrate, p. 460-61 . (Notes des Coaques.)

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