‹ Chirurgie des enfantsChapitre 147 sur 222 · HISTORIQUE. TEMPS HTPPOCRATIQUES. MOYEN-AGE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE. TEMPS HTPPOCRATIQUES. MOYEN-AGE

et parsemé de filets sanguinolents, c'était un signe presque certain que le malade en réchapperait; mais si, le premier jour, il ressemblait à du jaune d'œuf et si, le lendemain, il était épais, d'un vert pâle et d'une odeur fétide, il jugeait que le malade en mourrait (de Morbis, II, p. 476, col.de Foës, et ibid., p. 483). Quelquefois il faisait cette opération avec le cautère actuel. Les cautères dont se servaient les auteurs hippocratiques étaient ou épais, ou allongés, ou cunéiformes, ou recourbés à une extrémité, et à l'autre, larges comme une obole. »

Voilà l'opération d'Hippocrate, à laquelle, comme l'a très bien fait remarquer Trousseau, la chirurgie moderne a très peu ajouté. L'opération môme d'Estlander, qui ne semble pas comprise dans cette description, n'est pas étrangère à la tradition hippocratique ; elle a, en effet, été préparée par la perforation de la côte, pratiquée aussi par l'école d'Hippocrate et reprise au xvie siècle en même temps que les injections détersives prescrites par Hippocrate, Galien, Rhazès; mais Fabrice d'Acquapendente se plaint de ce que, de son temps, l'opération était tombée en désuétude.

Le moyen âge, tout en maintenant l'empyème hippocratique, avait discuté seulement sur la question de savoir s'il valait mieux intervenir par le fer ou par le feu ; la seule préoccupation qui avait prévalu avait été celle des moyens d'entretenir la plaie béante. Il faut venir jusqu'au xvne siècle pour trouver la première manifestation de la crainle de l'entrée de l'air qui devait dominer pendant longtemps toutes les conceptions des modernes à ce sujet.

Bontius pose le premier la question de savoir si ce danger est à craindre, eu 1G58, mais c'est pour en écarter la suspicion. Bartholin soutint la doctrine contraire, et l'emploi qu'il fit des moyens d'aspiration et de succion déjà mis en œuvre par Scullet, dans le but évident d'éviter l'entrée

de l'air, en évacuant la plèvre au moyen d'une plaie très étroite, semble révéler chez lui l'existence de la même crainte.

Dès ce moment, en même temps que les précautions de ce genre se multiplient dans l'opération de l'empyème, le champ des indications de cette opération s'élargit. Ce n'est pas qu'il puisse jamais être plus large qu'à l'origine, car l'empyème hippocratique embrassait dès le début, dans sa complexité, toutes les indications chirurgicales et médicales qui pouvaient plus tard se faire jour; mais cette complexité n'avait pas produit tous ses fruits, car, dans la pratique, pendant l'époque latine et le moyen âge, l'empyème avait presque exclusivement été appliqué aux conséquences des plaies de poitrine.

Jérôme Goulu, en 1624, commence à employer l'empyème dans l'hydrothorax.

Zacutus Lusitanus, vingt ans après, le déclarait aussi bien indiqué dans les épanchements de sérosité que dans les épanchements purulents. Willis et Lower suivent cette voie. Dans la seconde moitié du xvme siècle on commence même à employer le trocart, qui servait dès longtemps aux ponctions abdominales. Lurde se prononce pour l'opération; Ghopart et Desault se prononcent contre.

On s'enhardit peu à peu et même, à mon sens, Audouard va trop loin, en 1808, en s'efforçant de prouver (ce sur quoi on devait revenir plus tard), comme nous l'expliquerons, qu'il n'y a aucun avantage à évacuer le liquide peu à peu et qu'on n'a pas a craindre un vide mortel en retirant d'un coup

TOUT LE LIQUIDE DE l'ÉPANCHEMENT.

La distinction définitive de la pleurésie avec la pneumonie, devait en attirant l'attention des médecins sur tous les symptômes pleurétiques, leur donner l'occasion de constater l'existence d'épanchements souvent méconnus auparavant.

Page 1