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HISTORIQUE. TEMPS MODERNES ET RECENTS

Or, il est étonnant de le dire : l'hydrothorax, appelé hydropisie de poitrine, et le pyothorax, appelé aussi empyème, tout eomme l'opération destinée à le guérir, avaient été connus de tout temps, tandis que le rôle de la phlegmasie pleurale dans la production de ces épanchements avait été longtemps méconnu. Décrite, une première fois, comme affection distincte par Boerhaave et de Haen, la pleurésie devait encore une fois se confondre dans les classifications nosologiques avec la pneumonie, confusion que Pinel a définitivement dissipée; mais Laënncc rendit cette distinction impérissable en mettant à la portée de tout praticien instruit la séméiologic différentielle des deux affections. En permettant qu'un plus grand nombre de pleurésies fussent diagnostiquées, Laënnec fut aussi cause qu'un plus grand nombre de ponctions de la poitrine furent effectuées et, en ce sens, on peut dire qu'il contribua indirectement au développement de ces opérations, car, pour lui-même, il les tint toujours dans un certain discrédit.

La discussion de l'Académie de médecine, en 1835, refléta ces dispositions de Laënnec et se montra peu favorable à la paracentèse de la poitrine, appelée aussi thoracocentèse, ou d'un nom beaucoup moins correctement composé, mais qui a pourtant prévalu, thoracentèse.

A cette époque la préoccupation dominante est celle d'éviter l'entrée de l'air. La paracentèse seule, comme son nom l'indique (xévtt.oiç, action de piquer; ™?à, à côté, indirectement), est déjà un procédé préventif contre l'entrée de l'air, puisque, en se servant du trocart de l'ascite, on a soin de détruire le parallélisme entre la piqûre de la peau et la piqûre de la séreuse; aussi les perfectionnements successifs du trocart se produisirent-ils dans le même sens et coïncidèrent avec un emploi de plus en plus large de la thoracentèse. L'appareil de Schuh, un peu compliqué, et sur-

tout le trocart deReybard, avec canule garnie de baudruche, représentent, pour l'époque de 1830 à 1848, l'apogée de ces perfectionnements.

Vous connaissez tous le trocart, ou plutôt la canule de Reybard, qui ne doit elle-même sa célébrité qu'à l'adjonction d'une baudruche ou d'un vulgaire condom mouillé, lequel, par l'application de ses parois, empêche l'entrée de l'air pendant l'écoulement du liquide de l'épanchement. Ce procédé ne fut décrit qu'en 1841 ; puis Trousseau lut à l'Académie, en 1844, un mémoire en faveur de la thoracentèse, parfaitement réglée par lui, au moyen du trocart de Reybard. On peut dire que cette époque, grâce à la grande autorité que Trousseau savait donner à tout ce qu'il prenait sous son patronage, fut le point culminant de la thoracentèse, d'autant plus que le mouvement avait suivi la même marche ascendante à l'étranger. En effet, dès environ 1835, la thoracentèse avait été pratiquée, assez largement, par Becker (de Berlin), par Thomas Davies. Il est vrai qu'au même moment Stokes et Watson commencèrent à jeter sur la méthode la suspicion dont toutes les méthodes de thoracentèse par ponctions réitérées ont encore du mal à se laver : celle de changer un épanchement pleurétique simple en épanchement purulent. Schuh et Skoda, en Autriche, s'étaient au contraire, en 1839 et en 1841, prononcés pour la paracentèse de la poitrine. Hamilton Rôe et Hughes, en Angleterre, s'étaient aussi prononcés en sa faveur; mais Hope avait été contre.

L'invention de la méthode de ponction capillaire avec aspiration, ou plus brièvement la méthode aspiratrice qui survint, il y a peu d'années, parut être un grand progrès sur la méthode de Reybard. Elle procède, comme cette dernière, de la crainte de l'entrée de l'air, contre laquelle elle est certainement plus efficace, et s'efforce en même

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