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OPÉRATION DE L'EMPYÈME. PARALLÈLE

vingt-quatre heures, et sans inconvénient. Elle peut, si elle rencontre un obstacle à l'exsudation, et cet obstacle est toul trouvé, ce sont les fausses membranes qui forment, sur la plèvre viscérale, une couche adventive imperméable, se produire interstitiellcment (œdème pulmonaire aigu). Lorsque le principal apport de la congestion est fourni par la circulation bronchique, la transsudation peut se faire à travers les bronches (expectoration albumineuse). Chacun de ces accidents peut tuer quand l'apport est trop rapidement considérable, surtout lorsque le second poumon, ce qui n'arrive que trop souvent dans la pleurésie, n'est pas capable de suppléer le premier.

Qui ne voit que l'entrée de l'air supprime la possibilité de tous ces accidents, en maintenant l'équilibre entre les pressions atmosphériques intra-pulmonaire et extra-pulmonaire? Je donne donc sans hésiter la prééminence à l'empyème sur la ponction de la poitrine, d'abord au point de vue de l'innocuité. Au point de vue de l'utilité, cette prééminence lui est très faiblement contestée dans le traitement de la pleurésie purulente, parce que les lavages, les injections médicamenteuses ont par cette méthode une efficacité que n'ont pas les mêmes moyens employés, avec le syphon de Potain, et qui se manifeste surtout quand on les combine avec le gavage et l'usage des vins généreux, fût-il poussé à l'excès. L'appétit des malades, presque toujours réveillé après l'évacuation du pus, s'empare avidement de cette pâture et collabore à ces merveilleuses résurrections dont la plupart des praticiens ont eu l'occasion de voir quelques-unes.

Pour ce qui est de la pleurésie séreuse, séro-fibrineuse, je suis de ceux qui, comme M. Roger, croient que les traumatismes répétés contribuent à la rendre purulente ; je crois (pie les cas légers peuvent et doivent être traités par des moyens exclusivement médicaux; je crois enfin que les épan-

chements considérables, menaçant le malade d'asphyxie et de syncope, accidents dont je ne connais d'ailleurs pas d'exemples dans ces conditions, tandis qu'il s'en est produit d'éclatants queje vous ai cités à la suite de la ponction capillaire et aspiratrice de la poitrine, ces épanchements, dis-je, pourraient être évacués par portions, au moyen de l'empyème. Je crois qu'on préviendrait ainsi leur reproduction prompte et totale, leur transformation en foyers purulents : je crois enfin que l'entrée de l'air dans la plèvre, air soumis aux conditions d'une antisepsie rigoureuse, pourrait devenir un topique utile, mais qu'elle serait surtout un préservatif contre les accidents asphyxiques qu'on a voulu éviter en l'excluant soigneusement de la cavité pleurale. Je crois donc que, dès maintenant (et cette pratique prévaudra chaque jour de plus en plus), l'abstention, par rapport à la thoracentèse dans les cas légers ou moyens, succédera à l'engouement qu'a excité cette méthode et que, dans les cas où une intervention sera bien indiquée, c'est à l'empyème franchement chirurgical que l'on aura immédiatement recours. Ce serait donc le vieil empyème, l'empyème d'Hippocrate, qui, comme je vous le faisais pressentir au début de cette leçon, serait la fin et le commencement, l'alpha et l'oméga de l'intervention chirurgicale dans la plèvre.

Voulez-vous me permettre de vous dire que je vois une preuve de ce mouvement d'opinion en faveur du traitement chirurgical de la pleurésie dans l'accueil favorable reçu, même en dehors de la Société de chirurgie, par l'opération d'Estlander, très savamment conduite du reste, mais qui est une vraie hardiesse chirurgicale, si on la compare à l'empyème dont elle procède. Son indication est uniforme ; il s'agit toujours d'un malade sur lequel l'opération de l'empyème a été pratiquée, pour une pleurésie purulente. Après une amélioration passagère, la suppuration est demeu-

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