‹ Chirurgie des enfantsChapitre 154 sur 222 · OPÉRATION DE LEMPYÈME. PARALLÈLE · texte numérisé non relu

OPÉRATION DE LEMPYÈME. PARALLÈLE

rée abondante et l'état du malade est redevenu mauvais ; la plaie est restée fistuleusc ; elle donne difficilement accès dans un foyer, limité, ou comprenant les portions moyenne et déclive de la loge pleurale, foyer dont les parois, revêtues de produits de nouvelle formation, n'ont aucune tendance à adhérer. Pour amener cette adhérence, qui est le seul moyen d'obtenir la terminaison de la suppuration, car on ne peut espérer qu'une surface, dans l'état où l'on trouve la séreuse dont la paroi interne est revêtue, cesse jamais de fournir du pus ; Estlander, et ceux qui ont répété cette opération après lui, ne craignent pas de tenter un véritable désossement partiel de la paroi thoracique ; ils ouvrent sur cette paroi et sur le côté une large fenêtre (j'entends par rapport au squelette, car le périoste et les parties molles sont en général respectés). Dans certains cas même, on a complété cette résection par une section verticale de la côte, au niveau du grand angle, pour que rien ne vienne s'opposer à la coaptation des deux parois de la loge pleurale dont les surfaces internes, quelquefois modifiées par des grattages, doivent arriver à adhérer. Tel est le résultat poursuivi, au prix de la résection de morceaux de côte ayant jusqu'à 12 centimètres de long, résection qui peut porter sur un grand nombre de côtes. M. Berger, dans son rapport déjà cité, mentionne à la suite de cette opération :

1 guérison complète (Bouilly) ;

3 améliorations notables (Bœckcl, Bouilly, Berger) ;

1 insuccès (Berger) ;

9 succès complets (3, Estlander; 1, Schneider; 5, Langenbeck, Korting, G. Bœckcl, Gcrster, Max Schœdel) ; ' 2 améliorations (Estlander, Homen) ;

0 insuccès manifestes (2, Estlander; 1, Homen; 3, Korting, Weiss, Weinleclmer) ; 4 ont été suivis de mort ;

4 résultats en voie d'évolution : 2 de Schcede, 1 de Wiesinger, 1 de Monod.

Sur 26 résultats, la mort a été relevée quatre fois, toujours due à la tuberculose pulmonaire.

Je n'ai pour ma part, pas encore été conduit par des indications péremptoires à tenter cette opération ; il est peu probable même que ces indications se présentent de si tôt, car la paroi thoracique des enfants est si souple qu'elle ne me semble pas devoir opposer au travail d'adhésion, duquel dépend, cela est vrai, dans certains cas rebelles, heureusement assez rares, la guérison définitive de la pleurésie purulente, une résistance assez sérieuse pour justifier une intervention chirurgicale de cette importance. Il faut dire en effet que, chez les enfants, dans l'immense majorité des cas, après l'évacuation du pus et les lavages consécutifs à cette opération, les foyers pleurétiques purulents se nettoient complètement et que la fermeture de la fistule, créée artificiellement par l'opération, s'opère spontanément, sans que le résultat soit acheté aussi chèrement que dans l'opération d'Estlander.

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