TRAITEMENT. COMPRESSION. SUTURE
double point de vue du diagnostic et des symptômes, avant d'aborder la question du traitement.
Quel sera donc le traitement de l'anus contre nature? Il variera suivant que l'affection serasimple ou compliquée, et souvenl La thérapeutique devra nécessairement s'adresser aux complications avant de s'attaquer à l'anus anormal luimême.
C'est ainsi que l'existence d'une hernie située derrière l'anus contre nature, les orifices fistulcux multiples, l'inflammation chronique, l'induration des parties molles voisines, le renversement de l'intestin seront avant tout l'objet de tentatives plus ou moins heureuses sur lesquelles nous reviendrons.
Supposons actuellement, pour plus de clarté, que l'anus contre nature soit simple, et voyons quels sont les moyens de traitement que la chirurgie met à notre disposition :
La première idée qui devait venir à l'esprit, surtout avant qu'on connût bien, grâce à Scarpa, la disposition anatomo-pathologique relative à l'éperon, était de boucher l'orifice anormal, et pour cela deux moyens se présentaient : la compression et \& suture. Là compression employée seule est un moyen infidèle et dangereux qu'on ne s'aurait appliquer qu'aux cas où la fistule stercorale est extrêmement étroite ; elle a le grand inconvénient d'amener souvent la rétention des matières dans le bout supérieur, et par suite l'étranglement. Louis voulait qu'au moyen d'un régime substantiel on obtint un bol fécal d'une certaine consistance, susceptible de se mouler sur l'intestin, et de servir de trait d'union entre le bout supérieur et le bout inférieur. Lapeyronie ne se trouva pas bien d'avoir suivi une pratique contraire : croyant obtenir par ce moyen une cicatrisation plus prompte, il condamnait le malade à un régime sévère, surtout lacté, et vit à la suite de ce traitement succomber entre ses mains
une femme de 24 ans, guérie depuis deux mois de son anus anormal. Le bout inférieur s'étant rétréci chez cette malade, un repas un peu plus copieux que d'ordinaire, après une véritable diète, avait amené l'engorgement des matières dans le bout supérieur et, par suite, l'épanchement dans le péritoine.
La suture, pas plus que la compression simple, ne saurait réussir, et surtout ne saurait être exempte des plus grands dangers, si on ne la réservait pour les cas de fistule simple, dans lesquels il n'y a pas d'éperon, ou pour les anus anormaux produisant seulement un léger suintement et desquels l'éperon a été détruit. Les succès que Judey, cité par RiclierandetCollier,aobtenus,compensésd'ailleurspar les insuccès de Lecat, de Blandin et de beaucoup d'autres, ne nous feront pas illusion, et nous saurons que par la suture, plus encore que par la compression, les accidents d'étranglement du bout supérieur peuvent se produire.
Dès que les progrès de la science eurent fait connaître l'existence de l'éperon de Scarpa, qui est le principal obstacle au passage libre des matières, du bout supérieur vers le bout inférieur, tous les efforts de la chirurgie furent dirigés contre cet obstacle.
Usant de la méthode de douceur, Thierry, après avoir constaté par le toucher intestinal que l'éperon, peu saillant, était formé d'un double adossement muqueux peu résistant, plaça le malade dans la position horizontale durant un mois, le maintint dans un jeûne presque absolu, et put ainsi convertir l'anus anormal en une fistule simple, qu'il guérit par la suture.
Depuis longtemps déjà Desault se servait d'un moyen beaucoup plus compliqué, il introduisait dans les deux bouts de l'intestin de longues mèches, dont la partie moyenne était retenue à l'aide d'un fil, et dont le but était d'abord de conduire