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TRAITEMENT PROPHYLACTIQUE ET RÉDUCTION

l'intestin pendant quatre heures, après la réduction, il pense que la guérison pourrait être ainsi obtenue, mais au bout de quatre ou cinq semaines.

Il ne faudrait pas confondre cette dernière pratique qui ne se vulgarisera pas de sitôt, et dont pourtant je serais porté à attendre une certaine efficacité, avec celle de Giraldès qui introduisait son doigt dans l'orifice intestinal prolabé pour opérer la réduction delà tumeur. Je n'aime pas ce procédé chez l'enfant ; son principal inconvénient est que (la tumeur chez l'enfant, étant presque toujours longue et cylindrique), le doigt n'est jamais assez long pour amener la réduction. J'aime beaucoup mieux appliquer sur la tumeur une compresse imbibée d'eau fraîche et la malaxer jusqu'à ce qu'elle rentre. Cette manœuvre ne peut réussir que si l'enfant a été couché sur le côté, les cuisses fléchies, comme le recommande Giraldès.

Si vous ne pouvez réduire, vous aurez recours au chloroforme, et vous reconnaîtrez facilement alors si la réduction est impossible, à cause du volume de la tumeur ou du rétrécissement du rectum ; dans ce cas, il faut pratiquer le débridement multiple, en se souvenant toutefois que Cruveilher a vu un abcès métastatique du foie survenir à la suite de ce débridement.

Après la réduction, qui en général se fait bien, vous pourrez avoir recours aux astringents; je vous conseille les suppositoires au beurre de cacao et au tannin, mais surtout l'œuf de glace, qu'employait si volontiers Ghassaignac. Toutes les fois qu'après avoir extirpé une portion du col de l'utérus, ou un polype, il craignait un prolapsus, il taillait un œuf de glace, le serrait un peu entre ses doigts et l'introduisait dans le vagin. Vous pouvez aussi introduire ce morceau de glace dans le rectum et même l'envelopper dans un sac de baudruche huilé, comme le conseille Didav. Pour

maintenir le rectum à sa place, après la réduction, vous garderez au lit votre malade, en lui appliquant sur l'anus un tampon de ouate, fixé par un bandage en T, ou par tel autre appareil contentif.

Voyons maintenant le traitement curatif, auquel je vous conseille de n'avoir que rarement recours, et que, dans l'espèce, vous aurez rarement l'occasion d'employer chez les enfants, parce que, presque toujours la réduction, suivie des précautions que je vous ai indiquées, aura raison du prolapsus.

Le traitement curatif médical comprend : la strychnine par la méthode endermique (Duchaussoy): de 1 à 3 centigr. de sulfate de strychnine, pour panser deux petits vésicatoires, un de chaque côté de l'anus ; en injections hypodermiques (Dolbeau) injections avec la seringue de Pravaz de deux à trois gouttes d'une solution de sulfate de strychnine au millième.

L'électricité sous forme d'électropuncture (Demarquay et Gosselin), ou de faradisation (Duchenne, de Boulogne), a donné de bons résultats et rendu tous les services qu'on peut attendre d'un moyen agissant exclusivement sur les sphincters, lesquels jouent un rôle, surtout quand leur laxité n'offre plus au prolapsus un moyen de contention suffisant, mais, comme l'affection prend naissance au-dessus des sphincters, on n'agit qu'indirectement sur elle, quand on localise aux sphincters l'action de l'électricité.

J'arrive à une méthode qui a donné de très beaux résultats, c'est celle des injections d'ergotine pratiquées par Vidal et Guyon, dont les observations m'ont paru concluantes ; les injections se font parallèlement au rectum, d'une manière fort simple ; on peut se servir de l'ergotine d'Yvon dont un gramme correspond à un centimètre cube. Je vous recommande beaucoup ce mode de. traitement.

Il y a encore un autre traitement que vous m'avez vu em-

TRAITEMENT CUHATIF MÉDICAL. CIIIUURGICAL. 631

ployer assez souvent dans cet hôpital ; ce sont les douches ascendantes. Je ne sais pas comment elles agissent, mais elles donnent le plus souvent de bons résultats. Voici comment je procède. J'engage les malades à prendre une douche à fort jet, après avoir réduit la région prolabéc ; je préfère de beaucoup ce mode d'administration au procédé dit du trépied, dans lequel la douche, s'élevant avant de frapper, à une hauteur de 5 à 6 centimètres, produit seulement une titillation de la muqueuse et favorise ainsi la chute du rectum au lieu de l'empêcher. Disons enfin, que pour empêcher le prolapsus de se reproduire après la douche, et confirmer la guérison, on peut se servir d'un certain nombre de bandages ou d'appareils.

Arrivons maintenant au traitement chirurgical curatif, consistant surtout dans l'ablation de la tumeur. La gravité de cette opération vous fait pressentir qu'on y aura recours seulement lorsque tous les autres moyens auront échoué.

L'excision au bistouri, totale (Ricord) ou partielle (Malgaigne, Hey), peut amener une hémorrhagie grave; et, si l'on conjure ce danger en employant la cautérisation, la ligature simple ou caustique, la chaîne de l'écraseur, il reste un autre danger commun à toutes les formes de l'excision, celui de comprendre dans la section du pédicule une portion du péritoine.

Une méthode beaucoup plus séduisante que celle de l'excision, c'est celle qui consiste à faire contracter aux tuniques du rectum des adhérences, susceptibles de les fixer à l'état de réduction, en les divisant partiellement. Le bistouri a été de bonne heure abandonné, comme trop dangereux pour cette diérèse. La cautérisation, sous toutes ses formes (cautérisation eultellaire de Garisot, ponctuée de van Buren) a donné de beaux résultats. Guersant, qui a appliqué aussi la cautérisation ponctuée, faisait quatre pointes de feu, aux

quatre points cardinaux; Garisot faisait des raies de feu profondes.

Ces procédés n'ont pas de valeur, à l'égard des enfants, qui, au moindre chatouillement, font des efforts à la suite desquels le rectum sort, en dépit de toute cautérisation. ! Je préfère de beaucoup pour ce motif, chez les enfants, la cautérisation avec les caustiques, surtoutlesacidesnitrique, azotique (Joesche (de Munich), Aichin, Allingham). Le rectum est ainsi cautérisé, à l'intérieur ou à l'extérieur, et remis en place, puis maintenu par un tampon. L'inconvénient de cette méthode, qui a beaucoup de bon, est la nécessité de maintenir les enfants sans aller à la garde-robe, pendant quelques jours, trois ou quatre au moins. Après cela on donne un léger purgatif, pour évacuer l'intestin, et l'on favorise de nouveau la constipation. Allingham, si compétent dans toutes les questions relatives aux affections du rectum, a obtenu ainsi de beaux succès, surtout chez l'enfant. Je vous répète que vous aurez rarement l'occasion d'intervenir aussi énergiquement dans l'enfance, mais si vous deviez intervenir, je vous recommanderais ce procédé, en n'oubliant jamais d'huiler l'intestin, une fois cautérisé, avant de le réintroduire.

Enfin, dans un troisième groupe de procédés chirurgicaux, on rétrécit l'anus, soit par l'excision des plis radiés, comme le voulait Dupuytren, soit par le V coccygien de Robert. Le succès de ces deux moyens est, encore plus que celui du groupe qui précède, subordonné au maintien de la constipation chez le malade, pendant au moins une quinzaine de jours, ce qui constitue une difficulté sérieuse.

Dans le cas où tous les autres moyens, médicaux et chirurgicaux, palliatifs et curatifs, auraient échoué, une pelote à ressort, maintenue sur l'anus, ne sera pas un moyen à mépriser ; et comme la guérison spontanée peut toujours

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