MOYENS DE TRAITEMENT
défenseur dans la personne de Boinet qui a créé de nos jours la méthode de l'injection iodée. Mais l'action de l'iode a le grand inconvénient de déterminer des coliques, des tranchées, du ténesme. Ces inconvénients peuvent être palliés par la compression digitale faite dans le rectum, que Boinet conseille, et par le spéculum bivalve qui, introduit dans le rectum, reçoit le liquide dans sa gouttière et permet de terminer par un vaste lavage.
Le ténesme rectal et la douleur sont donc des inconvénients très sérieux, attachés à l'emploi de la méthode de traitement des fistules de l'anus par les injections irritantes ; mais ces inconvénients ne seraient rien s'ils devaient être compensés par la certitude d'une guérison. Malheureusement la guérison est l'exception et souvent, malgré quinze à vingt injections, le trajet, qui, sous l'influence irritante avait paru s'oblitérer, devient à nouveau perméable.
L'incision, méthode généralement adoptée, consiste à introduire une sonde cannelée dans la fistule par son orifice externe, à la conduire par le trajet jusqu'à la rencontre du doigt placé dans le rectum, à compléter la fistule en perforant le rectum, si la fistule est borgne ou si l'extrémité de la sonde n'a pas rencontré son orifice interne. Accrochant ensuite l'extrémité de la sonde avec le bout de l'index, on l'attire vers l'extérieur de manière à la faire sortir par l'anus, puis on divise d'un coup de bistouri le pont que soustend la sonde cannelée.
Cette méthode de traitement, très en faveur depuis que Dionis a fait connaître l'opération qui avait été pratiquée, le 21 novembre 1687, sur Louis XIV, par Félix, son chirurgien, compte parmi les chirurgiens un grand nombre d'adhérents. Elle a l'avantage d'être radicale, rapide et complète. Elle nécessite seulement des pansements douloureux, méticuleux, car il est nécessaire que des mèches, enduites de cérat, soient