CALCULS CHEZ LES ENFANTS ET LEUR TRAITEMENT
RÉSUMÉ pathologique : Fréquerwe extrême des calculs chez les enfants, non confirmée à l'hôpital des Enfants-Malades.Pourquoi? — Signes : Hématurie, très importante, etc. — Diagnostic : Rôle important du cathétérisme. Son manuel opératoire.
Traitement : Lithotritie, à mettre entièrement de côté pour les mâles ; taille, procédé usuel (taille périnéalc latéralisée) : instruments, position du patient. Introduction du cathéter mousse; rôle des aides; temps de l'opération. — Accidents opératoires, fausses routes. Autres procédés de taille. — Calculs de l'urèthre, pas d'extirpation, boutonnière. — Calculs chez les filles : Urèthre dilatable. Conséquences opératoires. Inconvénients de la dilatation lente ; lithotritie, possible; taille vaginale, hypogastrique ; dilatation brusque et extraction par l'urèthre.
Conclusions.
Messieurs,
Nous allons aborder aujourd'hui une question très importante : c'est l'étude des calculs chez les enfants. A ce propos, on est frappé tout d'abord de la discordance qui existe entre ce qui a été écrit et ce que nous observons dans cet hôpital. En effet, les calculs vésicaux, d'après les différents auteurs, sont très fréquents chez les enfants, et ici nous n'avons que rarement l'occasion de les rencontrer. Ce qu'il y a de plus singulier, c'est que cette discite est de date relativement récente. Ainsi, parmi nos prédécesseurs à l'hôpital des Enfants-Malades, Guersant en a vu un grand nombre; Giraldès les trouve très fréquents. Elle n'atteint pas non plus l'étranger. Le D* Proust l'apporte que, sur 1,256 calculeux opérés dans les hôpitaux de Bristol, Leeds et Norwich, 300 avaient moins de dix ans, soit une propor-
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tion de 23,87, près de 1/4 p. 100. Sur 6,042 cas observés en France, en Angleterre et en Russie, Gross, de Philadelphie, en a noté 2,334, chez des enfants de un à dix ans. Sur 478 calculeux traités à l'hôpital de Norfolk et de Norwich, pendant une période de quarante-quatre ans, il y en avait 227 au-dessous de quatorze ans ; il nous faut donc conclure que le calcul vésical est une affection très fréquente dans l'enfance.
Cette prédominance est encore plus nette dans certains pays, la Perse, par exemple, comme le démontrent les rapports de Tholozan et Polak. Tholozan, sur 156 opérations pratiquées par lui, de 1852 à 1860, trouve 118 sujets audessous de quinze ans. L'affection calculeuse est très fréquente encore chez les enfants, dans le nord de la France, dans le comté de Norfolk, en Angleterre et en Hollande ; elle est rare au contraire en Amérique.
Tous les âges de l'enfance fournissent leur part de ce formidable contingent. On en a observé à la naissance : Schlomberger et Martin, d'Iéna, clans leurs autopsies, ont trouvé assez souvent, dans les bassinets d'enfants nouveaunés, de petits calculs d'acide urique ; à considérer l'ensemble, ces calculs sont formés le plus souvent d'urate de soude. On ne peut guère établir de proportion au point de vue de la fréquence des calculs chez les garçons et chez les filles. Chez celles-ci, ils sont plus volumineux, moins nombreux, et ont le plus souvent pour noyau un corps étranger. Pour ma part je n'en ai jamais observé qui n'aient pas cette origine. C'est ainsi que, chez une petite fille dont je vous ai parlé, qui est entrée, il y a quelques années, dans cet hôpital, le calcul, du volume d'une grosse mandarine, avait pourpoint de départ une épingle à cheveux.
Voyez pourtant combien ce qui se passe sous nos yeux à l'hôpital des Enfants est en désaccord avec la fréquence