PHIMOSIS. RÉDUCTION. OPÉRATION
La balanoposlhitc est aussi une conséquence fréquente lu phimosis; il m'est arrivé plusieurs fois des enfants ayanl un écoulement purulent, présentant tous les caractères de la blennorrhagie, que, soit dit en passant, j'ai observée deux fois chez des enfants. Ce n'était (pie de la balanoposthite, développée sous l'influence de l'accumulation de matière sébacée et d'urine sous le prépuce.
J'arrive maintenant cà une question importante.
Le phimosis peut-il être une cause d'union inféconde entre l'homme et la femme ?
Le chirurgien Louis a affirmé que le roi Louis XVI n'eut pas d'enfants avant d'avoir eu son phimosis opéré. Cette opinion a eu un grand poids à l'époque où l'on croyait qu'il fallait absolument qu'il y eût projection du sperme, sur le col et dans l'axe de son orifice pour que la fécondation se produisît. Mais tant de femmes deviennent enceintes avec une déviation de l'utérus, après le dépôt du sperme sur la paroi postérieure du vagin, sur les petites et môme sur les grandes lèvres, qu'il n'est pas possible de considérer le phimosis comme une cause sérieuse de stérilité.
L'opération peut pourtant être utile, même à ce dernier point de vue; elle peut être faite avec avantage, mais indépendamment de cette indication contestable, les autres motifs que nous avons énumérés la rangent parmi les opérations qu'on doit faire, qui ne sont pas de complaisance niais d'absolue nécessité.
FlGURK 9i.
Réduction du paraphimosis.
On a appelé cette opération de différents noms, paratomie, posthotornie, ce qui signifie section du prépuce, et encore orlatomie, d'un mot hébreu qui signifie prépuce. Nous écartons de notre sujet la circoncision des filles, auxquelles on a quelquefois coupé les petites lèvres; c'est du reste une opération la plupart du temps inutile et que je n'ai jamais pratiquée.
Je n'entrerai pas dans la discussion qui règne et n'est pas près de finir entre les savants sur l'origine de la .circoncision. Il est certain d'après le témoignage d'Hérodote que les Égyptiens ont connu les premiers cette pratique (1). Mais comme Hérodote écrivait au v° siècle avant J.-C, il n'est pas facile de savoir si les Egyptiens avaient inventé la circoncision ou si les Juifs la leur avaient enseignée, ce que rendrait probable l'aspect des plus anciens monuments sur lesquels il n'y a pas de représentation de la circoncision ; il est donc plus simple, pour nous, d'admettre le témoignage biblique d'après lequel Abraham a pratiqué cette opération, pour la première fois, sur lui-même, son fils Ismaël et ses serviteurs, l'an du monde 2059, 1941 ans avant l'ère chrétienne.
Depuis cette époque, la circoncision s'est transmise d'âge en âge dans le peuple juif, résistant aux persécutions de l'époque romaine, du moyen âge, et du commencement des temps modernes, se soutenant même, ce qui est plus remarquable, au milieu de la tolérance ou de l'indifférence des temps présents. Transmise par les Israélites aux Egyptiens, aux Persans, aux Ethiopiens et aux Abyssiniens, elle a subi, chez ces différents peuples, des modifications dont la plus importante et la plus utile, à notre point de vue, est le
(1) V. Hérodote. Histoires, II. 36.
(2) V. Genèse, XVII, 23-27.