INDICATIONS DE LA CIRCONCISION
retard apporté à son exécution. Ainsi les musulmans pratiquent la circoncision vers l'âge de il à 13 ans, tandis que chez les Israélites, de par le livre de la loi (1), lo terme lixé rsl le huitième jour. J'ai pu observer cependant que chez ccrlaincs familles Israélites, peut-être moins ferventes, mais à coup sûr plus raisonnables, la circoncision était un peu différée et que l'on attendait quelques mois avant de la pratiquer.
Ya-t-il avantage, au point de vue médico-chirurgical à pratiquer ainsi la circoncision, dès les premiers jours de la naissance ? On peul répondre hardiment par la négative. Aucune raison de ce domaine propre ne peut prévaloir contre la crainte de l'hémorrhagie, qui peut survenir à la suite de l'opération et la difficulté avec laquelle les enfants nouveaunés supportent la moindre perle de sang. Cela posé, je ne crois pas non plus qu'on doive différer l'opération chirurgicale de la circoncision, jusqu'à l'âge de 12 à 13 ans, en s'inspirant de la pratique religieuse des Mahométans.
Etant donné, en effet, que la circoncision soit un puissant moyen de répression contre la masturbation, si commune et si difficile à réprimer chez les enfants de 5 à 10 ans, je la considère, dans tous les cas, comme le seul moyen radical de guérir ces balanites et ces balano-posthites qui résultent d'une miction incomplète par l'insuffisance de l'orifice préputial. Je ne crois pas, en conséquence, qu'on doive attendra si longtemps pour opérer les enfants, atteints d'étroitesse bien et dûment constatée du prépuce, et je crois qu'à partir de quatre ans on est parfaitement en droit de pratiquer cette opération.
On a prétendu qu'au poinl de vue de l'immunité syphilitique, il fallail opérer de bonne heure. Certains auteurs ont
(I) V. Genèse, XVII, II.
dit, en effet, que le chancre se développait à la suite de petites excoriations et celles-ci sont plus fréquentes chez les individus atteints de phimosis, dont la muqueuse est plus tendre; cette opinion me parait donc fondée.
Disons un mot des contre-indications de la circoncision et d'abord de celle qui pourrait résulter de la présence des chancres. Vous verrez souvent à l'hôpital du Midi des individus porteurs de chancres mous dissimulés sous un prépuce allongé ; devez-vous opérer ? Deux opinions sont en présence : les uns s'abstiennent, prétendant que l'on augmente la surface d'inoculation et qu'on peut avoir une plaie chancreuse ; les autres opèrent quand même.
Je vous conseille d'être éclectiques et de vous inspirer des circonstances particulières à chaque cas. Je n'insisterai pas d'ailleurs plus longtemps sur un point qui n'appartient pas précisément à notre sujet.
Pour ce qui est des enfants, s'il existe dans le milieu où vous opérez de la diphthérie, de l'érysipèle ou de la pourriture d'hôpital, vous devez attendre et ce sont là des contreindications formelles.
Avant de discuter les différents procédés de circoncision que nous avons expérimentés et parmi lesquels nous avons à faire un choix, un mot sur les procédés, non chirurgicaux, mis en usage par les Israélites et par les Mahométans.
Sans nous arrêter à la circoncision pratiquée à l'aide du couteau de pierre, nous trouvons dans un article du DrTarneau sur la circoncision en Algérie, des détails très curieux sur cette opération. Chez les Juifs, on procède de la façon suivante. Le rabbin, après avoir frictionné le prépuce, l'introduit dans un instrument en forme de lyre, ressemblant beaucoup au pavillon de sondes cannelées, puis confiant cet instrument à un aide et tendant lui-même le prépuce, il en opère la section à l'aide d'un couteau. Après avoir sucé la