PROCÉDÉS DIVERS DE CIRCONCISION
prépuce d'arrière en avant, et on découvre le gland. Le procédé des ciseaux est peut-cire moins brillant, mais il est plus sûr. Voici comment je procède. A l'aide d'un dilatateur ;i deux branches, dont je me sers pour faire la trachéotomie, fe divulse quelque peu l'orifice préputial de manière à me permettre d'introduire, de chaque côté de la ligne médiane, une pince à valet que j'y fixe solidement. Cela fait, je fais tendre de chaque côté ces pinces et j'introduis entre elles, c'est-à-dire directement sur la ligne médiane, une des branches de mes ciseaux que je pousse autant que possible jusqu'au sillon balano-préputial. Quand je me suis couvaincu que je suis bien sous le prépuce et non dans l'ufèthre, je coupe d'un seul coup la peau et la muqueuse. Quelque tranchants que soient pourtant les ciseaux, il se produit toujours k ce moment un certain glissement entre la peau et la muqueuse. Aussi cette dernière est-elle toujours moins entamée que la peau et devient-il nécessaire, pour égaliser la surface de section, de donner un petit coup de ciseau à la muqueuse.
Avec ce procédé, peu ou point d'écoulement de sang ; large baie ouverte au gland, tels sont les principaux avantages.
L'inconvénient consiste dans un œdème dur considérable, qui se produit à la partie inférieure du prépuce et qui constitue bientôt au-dessous du gland une tuméfaction en forme de massue, qui est souvent plus volumineuse que le gland lui-môme. Hâtons-nous de le dire, cette tuméfaction, qui attire au chirurgien peu de félicitations de la part des parents, commence petit à petit et finit par disparaître.
Pour ma part, j'ai vu, à l'âge de 20 ans, des jeunes gens qui avaient été opérés par ce procédé à l'âge de 7 à 8 ans, et le résultat ne laissait rien à désirer comme physiologie et même comme esthétique. Aussi, malgré le discrédit dans
lequel est tombée cette opération, suis-je devenu un de ses partisans, et la conseillé-je toutes les fois qu' on a affaire à un prépuce court, charnu, et que l'opération doit être confiée à des mains peu expérimentées.
Frappés de la difformité, au moins momentanée, qui suit l'opération que je viens de décrire, les chirurgiens ont imaginé le procédé suivant : on commence par diviser le prépuce, sur la ligne médiane de la région dorsale, comme ci-dessus. Cela fait, le chirurgien, saisissant successivement, avec des pinces, les deux oreilles ou angles latéraux, résultant de la section, les divise à l'aide de ciseaux courbes qui décrivent une section, légèrement concave en haut, partant du frein, jusqu'au sommet de l'incision dorsale. A la suite de cette opération, l'œdème dur dont je parlais à propos de l'incision simple est très limité . Il n'occupe que le frein et les quelques millimètres de prépuce qui l'entourent encore ; mais par cela même que l'infiltration est limitée à un espace restreint, elle fait naître dans cette région une saillie en forme de bec ou de promontoire, qui n'a rien non plus de très gracieux. Je dois dire cependant que ce gonflement disparaît beaucoup plus vite que lorsqu'on a négligé l'incision. J'avais oublié de mentionner qu'après l'incision des deux lambeaux latéraux, le chirurgien doit appliquer une grande quantité de serres-fines. Cette application demande beaucoup de soin, en ce sens qu'elle exige l'affrontement de la peau et de la muqueuse. Sans parler de la cicatrisation qui sera beaucoup plus rapide par ce procédé, il faut rappeler que les hémorrhagies consécutives deviennent beaucoup plus rares. Il est donc absolument indispensable d'employer les serres-fines ; mais ne les laissez pas trop en place chez les enfants. Vous vous exposeriez à avoir de petites eschares qui convertiraient en bord crénelé le limbe du prépuce. Enlevezles au bout de vingt-quatre heures, et si les conditions d'âge.