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DILATATION PRÉPUTIALE. MANUEL OPÉRATOIRE

Dr Blache arrive cependant à découvrir le gland; mais, comme pour la toilette de cet organe, il le laisse un peu de temps à découvert, il a ensuite de la peine à le recouvrir.

Cet état dura plusieurs jours, et comme je craignais qu'une manœuvre imprudente des parents n'amenât un paraphimosis, je me décidai, un jour que l'on m'avait amené l'enfant dans mon cabinet, pour me faire part de cet état peu satisfaisant, à pratiquer une seconde fois l'opération. Je me servis du dilatateur à deux branches et je fus surpris de l'extrême facilité avec laquelle l'opération se fit; bien que les conditions fussent rendues quelque peu anormales par l'épanchement des tissus, tout alla pour le mieux.

Ce fait me frappa beaucoup et me donna la clef de l'énigme. Je fis une expérience bien simple qui me confirma dans ce que je pressentais.

J'introduisis dans le petit doigt d'un gant d'enfant le dilatateur de Nélaton; la peau du doigt de gant craqua entre les deux coutures. Employant alors le dilatateur trachéal à deux branches, je divulsai lentement un petit doigt de gant identique au premier, et lorsqu'après avoir ouvert plusieurs fois mon dilatateur en divers sens, je cherchai à constater l'état de l'orifice, je ne trouvai aucune érosion de la peau du gant et une dilatation aussi prononcée que celle que j'avais obtenue à ma première expérience.

Ainsi donc, les insuccès que j'avais eus, il y a environ trois ans, le petit accident qui s'était produit chez le petit malade du DrBlache étaient dus à cette seule et même cause. Je m'en suis tenu depuis lors au dilatateur à deux branches et je m'en suis toujours bien trouvé. Voici, à mon sens, comment l'opération doit être réglée.

D'abord tous les prépuces sont-ils justiciables de la dilatation? Presque tous. Qu'ils soient, en effet, ce qui est le cas le plus favorable, courts et minces, et laissent entrevoir

une petite portion du gland, ou bien longs, dépassant le gland de quelques centimètres, la dilatation réussira toujours, à la condition que les tissus qui constituent le prépuce soient souples et se prêtent à la dilatation. Ce sera peine perdue, au contraire, d'employer ce moyen sur des prépuces charnus, constitués par une peau assez fine, mais par une muqueuse de l'épaisseur du parchemin et d'une dureté presque cartilagineuse.

Il y a, dans ce cas, une indication très nette de circoncision que je pratique par le procédé israélite, décrit par moi, l'année dernière, dans une leçon clinique à l'hôpital des Enfants.

Du moment qu'on s'est arrêté à l'idée de pratiquer la dilatation, il n'est pas besoin de recourir à fanesthésie, à moins qu'on n'ait pas assez d'aides à sa disposition pour contenir le sujet.

L'enfant est couché sur le dos. Le chirurgien, saisissant l'extrémité antérieure du prépuce par un des bords de l'orifice, fait exercer à son bord opposé une traction simultanée par l'aide qui le seconde. Cette manœuvre a pour but de montrer, d'une manière bien nette, le chenal dans lequel va s'engager le dilatateur et a, de plus, le grand avantage d'éloigner le gland à une certaine distance et, par suite, de rendre absolument impossible l'accident qui consisterait à divulser le méat urinaire.

Je goûte peu, pour ma part, le temps préliminaire qui consiste à promener un stylet entre la muqueuse et la peau, afin de rompre les adhérences qui pourraient exister. Ou il existe des adhérences, et ce n'est pas avec un stylet qu'on pourra les rompre, surtout sans les voir, ou il n'y en a pas, et l'on prolongerait, par une exploration désagréable, une opération qui peut être faite si rapidement.

L'orifice une fois rendu béant, le dilatateur à deux bran-

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