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DILATATION PRÉPUTIALE. MANUEL OPÉRATOIRE

ches, préalablement trempé dans l'eau phéniquée, ou mieux, dans de la vaseline boriquée, est plongé jusqu'au limbe préputial, ou mieux, jusqu'à la couronne du gland. II est nécessaire, indispensable même, de sentir avec son doigt, a travées le prépuce, le bec du dilatateur. On est bien sûr, ainsi, de ne pas pénétrer dans l'urèthre. Cela fait, le chirurgien ouvre légèrement l'instrument, et, lorsque la dilatation a commencé à se produire, on peut, en regardant par l'orifice préputial, alors converti en une sorte de goulot, constater certaines particularités qui tiennent à la conformation anatomique des parties.

C'est ainsi que, bien que la dilatation soit exercée partout avec la même force, on voit bien vite que la peau n'est absolument pour rien dans le phimosis; la muqueuse fait seule tous les frais de ce rétrécissement, et l'on constate que ledit rétrécissement existe surtout à la partie moyenne du prépuce; que, par suite de cette disposition, le prépuce, à son intérieur, représenterait assez exactement un sablier dont l'étranglement serait moyen, et dont les parties supérieures et inférieures iraient toujours s'élargissant, soit du côté de l'orifice externe, soit du côté de la couronne du gland.

Quand le dilatateur a fait son œuvre, le goulot assez étroit, constitué par l'orifice préputial, se change en une véritable boutonnière. Le dilatateur est alors fermé, puis tourné perpendiculairement à la position qu'il occupait naguère, et ouvert à nouveau. La boutonnière que l'on obtient ainsi est, comme on le comprend, perpendiculaire à la première. Au bout de quelques secondes, l'instrument est retiré et le gland se découvre avec la plus grande facilité.

C'est à ce moment-là qu'il est important de s'assurer de l'existence des adhérences entre le gland et le prépuce et de procédera leur destruction à l'aide de la sonde cannelée. Ce n'est pas toujours facile, et c'est surtout en voyant la

difficulté énorme que l'on rencontre parfois pour les rompre, alors qu'on les a sous les yeux, avec une forte sonde cannelée, que je considère comme absolument puéril la petite recherche au stylet faite avant l'opération.

Les adhérences, une fois rompues, laissent sur le gland une marque rouge. Quelquefois une gouttelette de ssng vient sourdre à la surface et, si l'on n'y prenait garde, de nouvelles adhérences ne tarderaient pas à se produire. On évite cet inconvénient en mettant sur le gland découvert une couche épaisse de vaseline boriquée, puis en le recouvrant tout aussitôt de son prépuce. Le malade est tenu au lit toute la journée, et des compresses d'eau blanche sont maintenues en permanence sur le pénis en vue d'un gonflement inflammatoire qui pourrait survenir.

Il est nécessaire que le lendemain et jours suivants, pendant une huitaine de jours, l'homme de l'art vienne luimême découvrir le gland et le recouvrir après avoir renouvelé l'onction à la vaseline boriquée. Les personnes de la famille peuvent être mises au courant de cette manœuvre qui n'est jamais douloureuse, si l'on a soin de s'attaquer à la base même du frein pour obtenir le refoulement du prépuce en arrière.

Dans ces conditions, je considère la dilatation préputiale comme une bonne opération, d'une innocuité, d'une efficacité parfaite et d'une exécution très facile. M'appuyant sur l'expérience de Nélaton, de Verneuil et sur la mienne propre, je n'hésite pas à déclarer que la dilatation préputiale est une excellente méthode de traitement pour le phimosis congénital, même chez l'adulte, réservant en général pour le phimosis cicatriciel et pour certains phimosis spéciaux, dont j'ai cherché à indiquer les caractères, les autres méthodes de traitement, telles que l'incision dorsale et la circoncision.

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