‹ Chirurgie des enfantsChapitre 204 sur 222 · TRENTE-CINQUIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

TRENTE-CINQUIÈME LEÇON

Affection à la fois vaginale et vulvaire. Avis contraire de M. Bouchut. — Description de l'appareil génital des petites filles. Aspect tout particulier. Liquide sécrété. Modo de sécrétion. — Causes : générales, lymphatisme ; locales, malpropreté, dentition. — Signes, longtemps méconnus; puis taches sur le linge, rougeur, tuméfaction, sécrétion purulente ; adénite inguinale, non suppurée; conjonctivite. — Diagnostic de la cause, classification de Tardieu. Réserves au point de vue médico-légal. — Traitement, en vue surtout de la vaginite ; injections détersives et astringentes.

Messieurs,

Je me propose, dans cette conférence, d'étudier avec soin les écoulements purulents de la vulve des petites filles, si fréquents et si tenaces, ainsi que vous avez pu l'observer souvent à notre consultation.

Le siège, l'origine de ces écoulements nous occuperont ainsi que leur thérapeutique.

Laissant à dessein de côté, si ce n'est pour le diagnostic, la complication due à la contamination, telle que celle qui se produit dans le viol ou l'attentat à la pudeur, complication trop souvent invoquée par les parents, sans aucune espèce de raison, je ne m'occuperai que des écoulements spontanés.

D'après M. Bouchut le siège de la leucorrhée des petites filles diffère absolument du siège de la leucorrhée chez la femme et chez la jeune fille pubère. Pour lui, chez l'adulte, la leucorrhée est toujours vaginale ou utérine ; chez la petite fille au contraire elle est absolument vulvaire et le vagin n'y est pour rien.

Ces idées sont d'ailleurs partagées par Courty. Pour lui la leucorrhée des petites filles, manifestation de la constitution scrofuleuse et dartreuse, est due à une hypersécrétion, aune sécrétion d'un caractère douteux, à un travail superficiel d'ulcération, causé par le vice scrofuleux, analogue à ce qui se produit pour les autres muqueuses, la conjonctive,

la pituitaire, etc. Pour lui, cette sécrétion s'étend rarement au vagin.

Il relate cependant la nécropsie d'une petite fille de 12 ans, dans laquelle il a trouvé l'utérus et la moitié externe des trompes distendus par des débris épithéliaux de forme caséeuse.

Courty est donc moins affirmatif que M. Bouchut, par rapport à l'indemnité du vagin dont il admet la participation possible à l'affection, tout en contestant la fréquence de ce fait. M. Stoltz, qui s'est occupé seulement delà leucorrhée des adultes, a établi dans cette étude une distinction précieuse à conserver entre la leucorrhée vulvaire et là leucorrhée vaginale, qui, seule, est assez abondante et assez continue pour donner lieu à un écoulement vraiment leucorrhéique.

Avant d'aller plus loin exposons s'il vous plait quelques considérations anatomiques.

Parfaitement étudié par Devergie,Tardieuet Toulmouche,

Figure 96.

Vulve chez la femme vierge.

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