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ANAT0MIE PATHOLOGIQUE. ÉTIOLOGIE

grosse amande, et sécrètent un liquide Pilant, onctueux, incolore, parfois légèrement opalin.

La part qui revient aux glandes dans l'affection qui nous occupe esl essentiellement secondaire. La muqueuse du vagin parail.au contraire, d'après M. Parrot, jouer ici un rôle absolument prépondérant.

Bien que les anatomistes ne soient pas d'accord sur l'existence d'un appareil sécréteur de la muqueuse vaginale, car les anatomistes contemporains considèrent comme une exception la présence des follicules de celle muqueuse, qui est la règle.

il est certain, d'après Courty, que si la muqueuse vaginale n'a pas de sécrétion proprement dite, elle est le siège de l'exhalation, entre les cellules de son revêtement épithétial, d'un fluide habituellement très rare, mais pouvant devenir très abondant, surtout quand il y a irritation et desquamation de la muqueuse. C'est ce liquide qui constitue la leucorrhée vaginale.

Courty fait, dans cette circonstance, jouer le rôle principal aux modifications produites dans 1'épithéliumdelamuqueuse. Celui-ci, sous l'influence d'une irritation légère, prolifère et tombe dans la cavité vaginale, en augmente l'humidité et apparaît à la vulve, SOUS la forme d'un liquide d'un blanc laiteux.

Si l'irritation esl plus forte, si la multiplication et la desquamation épithétiales sontplus énergiques, il peut arriver

Figure 97.

Glande vulvo-vaginale du coté droit.

que l'on constate la prédominance de l'élément liquide ou de l'élément solide. La première se manifeste par une exhalation très abondante d'un liquide qui baigne toute la muqueuse. Celle-ci, rouge, tuméfiée, dépouillée de son épithélium, sécrète un grand nombre de globules de pus qui, mélangés à la sérosité, aux débris d' épithélium, donne naissance à un écoulement d'une teinte jaune purulente ou verdâtre.

L'élément solide prédomine-t-il au contraire, l'accumulation des cellules épithétiales aplaties, desséchées, se détachant à mesure qu'elles se produisent, donne comme produit une matière blanche qui, au lieu d'être liquide comme du lait, a l'épaisseur du fromage.

Cet état se rencontre souvent chezles enfants qui viennent de naître et chez lesquels on voit s'échapper du vagin une substance blanchâtre ou crémeuse, constituée par des cellules épithéliales mélangées à du mucus.

Si nous passons maintenant à l'étiologie de la vulvovaginite des petites filles proprement dite, nous devrons considérer deux choses : l'état général et l'état local.

Parmi les causes générales, le lymphatisme peut et doit être considéré comme la cause principale. Rappelez-vous les petites malades qu'on nous amène à notre consultation pour cette affection. Ce sont des enfants de 2 à 3 ans, au teint pâle, aux chairs flasques, et le plus souvent soumises à de mauvaises conditions d'hygiène.

Coïncidant souvent aussi avec l'impétigo, l'eczéma, l'herpès, la vulvo-vaginite se montre particulièrement chez les enfants dont l'hygiène laisse à désirer, et pour lesquelles l'encombrement, la mauvaise nourriture, le logement insalubre constituent autant de causes de débilitation et d'anémie.

Les causes locales sont la malpropreté et l'accumulation

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prolongée de matières sébacées sur les parties génitales. On ne pouvait pas ma m nier d'accuser ici la masturbation; mais ainsi que le fail observer très judicieusement Parrot, et ainsi que nous l'avons fait observer nous-mème à propos du phimosis et de la balanoposthite des petits garçons, il ne faut pas confondre la cause avec l'effet.

C'est, en effet, l'irritation vulvaire qui amène un prurit par lequel les petites filles sont incitées à se gratter. Cette manœuvre, d'abord inconsciente, pour ainsi dire, finit par éveiller chez elles des sensations voluptueuses qu'elles s'efforcent ensuite de reproduire. Il est donc le plus souvent inexact de dire que c'est la masturbation qui a déterminé l'irritation vulvaire; il serait au contraire plus exact de dire que c'est la vulvite qui a déterminé la masturbation.

Nous éloignons de notre sujet, comme nous l'avons fait déjà au début, les irritations suraiguës qui reconnaissent pour causes les tentatives de viol, les attentats à la pudeur, de même que les contaminations blennorrhagiques ou syphilitiques, tout en rappelant que cette étiologie ne doit être acceptée qu'après mur examen. L'herpès, les oxyures du rectum peuvent apporter leur contingent étiologique à la vulvo-vaginite, de même que le diabète sucré. La vulvo-vaginite secondaire, ainsi nommée par MM. Picot et d'Espine, s'observerait surtout à la suite des fièvres éruptives, de la diphthérie, de la fièvre typhoïde.

J'ai réservé pour la fin l'étiologie due à la dentition. Bien qu'il soit de mode aujourd'hui de ne point tenir compte de ce facteur, et que, d'après les spécialistes les mieux autorisés, on ne doive qu'incriminer fort peu l'évolution dentaire, on ne peut s'empêcher de constater avec Rayer, que la plus grande fréquence de la vulvo-vaginite des petites filles correspond à l'époque de la seconde dentition.

Passons maintenant à la description des symptômes. Le

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début reste le plus souvent inaperçu, soit par négligence de la part des parents ou de la nourrice, soit par fausse honte tenant au préjugé par rapport à l'examen des parties sexuelles, ancré dans l'esprit de certaines familles; l'écoulement peut donc durer depuis longtemps, même avec une abondance extrême, sans que l'attention du médecin ait été attirée de ce côté. Cependant on ne tarde pas à voir sur le linge de l'enfant des taches révélatrices, en même temps que l'habitude qu'elle a de se gratter constamment les parties génitales commence à préoccuper les parents.

Ce prurit s'exaspère au contact des vêtements et du passage de l'urine. La chaleur qu'il détermine, soit spontanément, soit sous l'influence des frictions qu'il nécessite, devient absolument intolérable. L'enfant se plaint, souffre et force pour ainsi dire les parents à faire un examen, auquel ils auraient dû procéder depuis longtemps.

Voici quels sont les signes physiques qu'il vous sera facile de constater :

Si l'on écarte les cuisses de l'enfant, on trouve les parties génitales rouges, tuméfiées et baignées par un liquide purulent. La rougeur occupe, à première vue, les petites lèvres, le clitoris et le pourtour de l'orifice de l'urèthre. Cette rougeur, plus ou moins intense, prend çà et là une teinte violacée. Exceptionnellement, elle envahit la face interne des grandes lèvres, voire même leur face cutanée. Si l'on vient à abaisser la commissure vulvaire postérieure, on voit que la rougeur s'étend à toute la fosse naviculaire et à l'orifice du vagin. A côté de cette rougeur, se manifeste, presque toujours, un gonflement considérable de la muqueuse des petites lèvres, qui sont épaissies dans toute leur étendue et un clitoris dont les dimensions sont arrivées à ce point, qu'on l'a vu parfois atteindre le volume de l'extrémité du petit doigt. Toute la muqueuse située entre le clitoris et les pe-

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