DESCRIPTION DES SYMPTÔMES
lilcs lèvres <sl boursouflée. La fosse naviculaire des parois esl presque complètement masquée par des saillies rougeâtres volumineuses dues à des replis de muqueuse enflammée. Enfin une sécrétion purulente, fétide, d'un jaune verdâtre, baigne toute la région. Ce liquide s'accumule sous forme de couches épaisses dans toutes les anfractuosités : à la face externe des petites lèvres, sous le clitoris et sur la muqueuse qui recouvre la fosse naviculaire.
Signalons ici une particularité que nous voyons mentionnée dans une thèse soutenue, en 1880, par M. Faille et inspirée par M. le professeur Parrot : quand, après avoir débarrassé la vulve du liquide qui la baignait, et cela avec assez de soin pour qu'il n'en reste plus de trace, on engage l'enfant à pousser, on voit sourdre à l'orifice de l'hymen une quantité de pus, souvent même, une quantité très considérable. L'issue de ce pus, qui explique pourquoi l'affection qui nous occupe doit être intitulée vulvo-vaginite et non simplement vulvite, fait comprendre l'origine d'un phénomène inexplicable : la reproduction immédiate d'un pus baignant les parties génitales, aussitôt après les lotions les plus minutieuses.
Ce phénomène est pour nous très important, tant au point de vue de l'établissement de la nature vraie de l'affection que relativement à sa thérapeutique; il nous donnera la clef de la durée énorme de la maladie et nous fera pressentir, dès à présent, que l'on n'arrivera à rien de satisfaisant au point de vue thérapeutique, quand on se bornera, comme on le fait d'habitude, à lotionner les parties génitales externes.
Signalons encore dans les signes physiques : l'engorgement ganglionnaire, soit d'un côté, soit des deux côtés à la fois. Les ganglions engorgés seront les plus externes, parce que ce sont ceux qui reçoivent les vaisseaux lymphatiques
de la vulve. Ils sont, en général, tuméfiés, douloureux à la pression. Bien que cet engorgement soit parfois assez volumineux, nous ne l'avions jamais vu se terminer par la suppuration. La suppuration est parfois assez abondante pour baigner l'anus, les grandes lèvres et la partie supérieure et interne des cuisses. Sur tous ces points, le pus se concrète sous la forme de taches ou de croûtes d'un jaune grisâtre. Ces taches, qui ne résistent pas à un léger grattage, sont identiques à celles que l'on trouve sur le linge de l'enfant. La peau, enflammée par le contact presque caustique des croûtes qui la recouvrent, rougit, devient douloureuse et se recouvre bientôt d'un érythème, plus ou moins intense, qui gagne promptement l'anus et les grandes lèvres, en se bornant à cette région ; il .est rare, en effet, de le voir s'étendre jusqu'à l'anus et à la partie interne des cuisses.
La vulvo-vaginite des petites filles n'est pas très douloureuse. Elle détermine seulement une sensation de chaleur et de cuisson, toujours accrue par la marche et par le contact des vêtements. Elle a aussi un danger que nous devons signaler, celui de s'étendre aux conjonctives, quand les petites filles, mal surveillées, portent alternativement la main à leur vulve et à leur figure. C'est ainsi qu'on a pu observer des ophthalmies purulentes très graves. Chose curieuse, la miction est facile.
Les signes généraux ne sont que peu distincts. Il faut que l'inflammation soit bien intense pour déterminer de la fièvre et de l'anorexie.
La durée de l'affection que nous étudions est longue. La période aiguë dure, en général, un ou deux septénaires. Quand celle-ci est très intense, on voit naître sur la vulve des ulcérations peu profondes, résultant, ainsi que nous l'avons exposé plus haut, de la destruction de la couche épi-