CICATRICES VICIEUSES. /O
appliquera le caustique sur toute la cicatrice. On procédera à l'enlèvement de la pâte escharotique aussitôt qu'on apercevra, sur les bords de cette pâte, la coloration noire de l'eschare ; on lavera avec du vinaigre et on pansera ensuite avec le coton et le collodion. Aubout d'une dizaine de jours, l'eschare se détache et la cicatrisation s'établit d'une manière normale.
Les cicatrices que laissent les brûlures sont plus graves dans leurs conséquences que les précédentes, parce qu'elles compromettent souvent le fonctionnement d'un membre. Certains torticolis cicatriciels sont tels que la tête du sujet est penchée sur le côté, de manière presque à toucher l'épaule ; si la bride est double, la tête peut s'incliner en avant jusqu'à toucher le sternum avec le menton. Aux membres, des attitudes, non moins gênantes, ont souvent été observées ; le pied bot talus et très fréquemment la flexion complète de la jambe sur la cuisse, pour le membre inférieur ; au membre thoracique, une bride cicatricielle peut accoler complètement le bras au tronc et rendre le mouvement de ce bras impossible. La main, à elle seule, présente un riche choix de difformités consécutives aux cicatrices vicieuses, toutes plus repoussantes et plus gênantes les unes que les autres. Les doigts sont courbés en crochets, ou relevés en arrière par l'extension forcée ou unis par des brides à la paume de la main.
Dans tous ces cas, l'intervention est nécessaire, non plus pour faire disparaître une difformité, mais pour remédier à une incapacité de travail très fâcheuse. La section de la bride par l'instrument tranchant n'a donné que de mauvais résultats et, quoi qu'on ait pu faire, les deux bords de la plaie se sont réunis, ou la bride s'est reproduite. Il faut employer un instrument qui laisse après lui une plaie n'ayant aucune tendance à la réunion, le serre-nœud ou l'écraseur
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linéaire. Il faut introduire le fil de fer du serre-nœud ou la chaîne de l'écraseur à la base de la bride, dans une perforation établie à cet effet, et sectionner la bride dans l'anse métallique : cette opération devra être réitérée en plusieurs points, et le membre redressé sera placé dans une position opposée à celle qu'il occupait vicieusement. Plus tard, la cicatrisation une fois obtenue, les bains excitants, sulfureux ou salés, les douches seront employés pour rendre au membre toute sa souplesse.
Un accident de ces cicatrices, dont il a été parlé plus haut, consiste en des ulcérations douloureuses, longues à guérir, se déplaçant, et désespérant parfois le chirurgien, à la manière des ulcères des jambes. La poudre d'iodoforme ou le glycérolé de chlorate de potasse sont les seuls topiques qui feront disparaître cet inconvénient. Ce même traitement réussit pour les ulcérations linéaires qui terminent la cicatrisation des amputations du sein et qui sont si longues à disparaître.