MIGRATION IMPARFAITE DU TESTICULE
cessible à l'exploration des bourses. Cet état de choses dura six semaines ; au bout de ce laps de temps, tout rentra spontanément dans l'ordre.
Le second fait m'a touché encore de plus près. Un de mes fils, alors au collège de Vanves, reçut d'un camarade un coup de pied dans le ventre et fut transporté à l'infirmerie.
Averti aussitôt, je vins le voir et, au moment où j'entrais dans l'infirmerie, mon ami, le Dr Degrusse, médecin du lycée, vint au-devant de moi et, tout en me rassurant sur les résultats de l'accident, « II est donc monorchide, me dit-il? «J'affirmai le contraire, convaincu d'avoir, à plusieurs reprises constaté, chez mon fils, la présence des deux testicules à leur place. L'examen du malade sembla donner raison à M. Degrusse, au moins pour ce jour-là. Mon fils n'avait plus de testicule gauche. Le canal inguinal était parfaitement libre. Tout à fait en haut, au niveau de l'anneau inguinal interne, le doigt percevait la sensation vague d'une masse qui ne pouvait être que le testicule remonté. Mon petit garçon m'affirma que, presque au môme instant où il avait reçu le coup de pied, une vive douleur s'était manifestée dans la région de l'aine. Dès le lendemain l'enfant put se lever et, à sa première sortie, je constatai que le testicule avait repris sa place.
Dans des cas comme ceux que je viens de citer, il ne peut y avoir d'autre traitement que l'expectation. Ce n'est donc pas la peine de nous y arrêter davantage. Revenons à la migration imparfaite du testicule et à ses causes.
Ces causes, d'après Curling, sont nombreuses et variées; elles consisteraient surtout dans la paralysie du crémaster, dans certaines adhérences retenant le testicule dans l'abdomen, ou enfin dans l'étroitesse congénitale de l'anneau inguinal externe.
Quelle que soit celle de ces causes qui nous paraisse avoir amené le cas qui viendra sous vos yeux, cette étiologie n'aura pas d'intérêt pratique, parce qu'elle ne fournira aucune indication du traitement. Ainsi je considère comme absolument puériles les tractions ou prétendues tractions que l'on conseille d'exercer pour opérer la descente du testicule. Je vais même plus loin et n'hésite pas à dire que je regarde comme très dangereux les différents bandages, à pelote concave, ou à chevilles, que l'on a proposés pour remédier à cette infirmité. Le bandage, qui sera, dans ce cas, le bandage herniaire ou brayer, ne sera appliqué que lorsque le testicule, momentanément entravé dans sa migration, aura, en descendant enfin, entraîné avec lui, ce qui est pour ainsi dire la règle, une anse d'intestin; et encore, dans ce cas, est-il absolument indispensable de bien séparer la hernie de l'organe testiculaire, afin d'éviter toute compression sur ce dernier.
Ce n'est pas à dire, pour cela, que l'arrêt du testicule ne donne lieu à aucune indication thérapeutique, au moins dans ses complications. En eifet, il arrive quelquefois que le testicule, retenu dans le canal inguinal, s'enflamme ; alors l'emploi des moyens antiphlogistiques : cataplasmes, bains, sangsues, est indiqué. En cas d'inflammation rebelle ou périodique, on a été plus loin et l'on a proposé l'ablation du testicule qui est resté en route. Curling a peut-être raison de penser que cette opération n'a pas de sens au point de vue des pouvoirs génésiques du sujet, attendu que tout testicule arrêté et comprimé depuis longtemps est impropre à la fécondation. Pourtant cette condamnation n'est peut-être pas sans appel, et dans le doute il me paraît imprudent de sacrifier un organe important, dont les facultés peuvent se réveiller plus tard. En dehors de cette considération, l'opération proposée est