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AFFECTIONS ORGANIQUES DÛ TESTICULE

dangereuse, à cause du voisinage du péritoine, et ta cause des morts subites par embolie que peut amener la ligature du cordon. Si des accidents d'étranglement venaient forcer la main au chirurgien, il y aurait peut-être lieu de passer outre, mais, avec les nombreuses occasions que j'ai de voir des cas de testicule arrêté dans le canal, je n'ai jamais vu ces accidents, que je considère néanmoins comme possibles, mais qui sont, à n'en pas clouter, extrêmement rares.

Je me bornerai donc à l'cxpectation, dans la plupart des cas de migration imparfaite du testicule, me contentant de combattre, au besoin, les accidents inflammatoires par les antiphlogistiques et j'attendrai aussi que le testicule soit arrivé dans la cavité correspondante, entraînant avec lui une anse intestinale, pour appliquer un bandage, et encore j'aurai le plus grand soin que ce bandage porte sur l'anse à contenir et non sur le testicule.

Parmi les diverses affections entre lesquelles il y a un choix à faire pour porter un diagnostic certain dans un cas de tumeur des bourses, les affections organiques du testicule forment un groupe très important.

Ces affections dont l'enfance est beaucoup moins exempte qu'on ne le croit généralement, peuvent se présenter soit dans la forme syphilitique, avec des noyaux d'induration pour ainsi dire pathognomoniques, soit dans la forme strumeuse, avec l'engorgement irrégulier, mamelonné de l'épididymcetdes fongosités volumineuses, saillantes au dehors, soit enfin dans la forme de fonte purulente du testicule qui, dans la plupart des cas, reconnaît une cause traumatique plus ou moins dissimulée. J'écarte à dessein de notre sujet le cancer du testicule, et je vous renvoie à la leçon que j'ai déjà faite, cette année, sur ce sujet. J'aborde immédiatement la question la plus intéressante par rapport à ces affections organiques : celle du traitement. Lin précepte, concernant ce

traitement, doit rester gravé dans votre esprit, avec la netteté d'un aphorisme : à moins d'avoir affaire à une affection maligne bien caractérisée, il ne faut jamais se hâter de condamner à l'ablation le testicule d'un enfant. J'ai vu, à. plusieurs reprises, dans des cas analogues à celui qui est cité par Holmes, les testicules les plus exubéramment fongueux se refaire, pour ainsi dire, sous l'influence d'un traitement antistrumeux local et général, et il faut toujours avoir présent à l'esprit que, pour peu qu'un lobe, si petit qu'il soit, de l'organe, soit resté sain, avec le canal déférent, bien entendu, le testicule peut encore être appelé à rendre quelque service et que par suite son ablation devient une mutilation préjudiciable au malade.

Des ponctions multiples et successives auront raison des abcès aigus ou chroniques qui se manifestent chez les strumeux et un traitement anti-syphilitique mixte, c'est-à-dire basé sur les frictions mercurielles d'une part, et l'administration de l'iodure de potassium de l'autre, améliorera très rapidement l'état des malades atteints de testicule syphilitique.

J'arrive, pour terminer, aux tumeurs du testicule. En dehors du cancer du testicule déjà étudié, on ne pourra songer, en raison même de la rareté extrême de l'hématocèle, qu'aux kystes dermoïdes congénitaux, ou à Vinclusion fœtale .Bien que l'hématocèle ait été citée comme se rencontrant parfois chez les jeunes sujets, je n'ai jamais eu, pas plus que Holmes, l'occasion de l'observer (1). Quant aux kystes dermoïdes congénitaux et aux inclusions fœtales, on les observe rarement clans l'enfance. On peut, en effet, estimer à onze environ le nombre d'observations publiées de cette affection

(1) V. Holmes. Thérapeutique des maladies chintrgicales des enfants. Traduction Larcher, p. 887.

KYSTES DERMOÏDES CONGÉNITAUX. 759

dans l'enfance; dix de ces observations ont été assemblées par M. Verneuil (1), et un cas très intéressant a été depuis publié par M. Van Burcn, de New-York (2). Quant à Curling, dont l'érudition est si vaste, par rapport aux affections du testicule, il n'a jamais observé ces kystes dans l'enfance.

Les kystes dermoïdes congénitaux du testicule renferment, le plus souvent, des dents, des os, des cheveux. Suivant certains pathologistes, ces différentes productions seraient les débris d'un fœtus, naguère contenu dans l'abdomen, et ayant suivi la migration testiculaire ; d'autres, au contraire, tout en admettant l'origine fœtale de ces productions, considèrent comme possible leur développement, sur place, dans l'organe lui-même.

A côté de cette opinion, il en est une autre, généralement accréditée aujourd'hui; c'estque ces kystes ne seraient autre chose que des kystes dermoïdes analogues à ceux de l'orbite. Affectant une marche extrêmement variable, ces tumeurs restent longtemps stationnaires, puis, se développent, tout d'un coup, d'une manière extraordinairement rapide et se rompant, parfois spontanément, elles laissent échapper les débris organiques cités plus haut.

Dans ces cas, comme dans les tumeurs malignes, la plupart des auteurs sont unanimes à conseiller l'ablation du testicule. L'extrême rareté de ces tumeurs dans l'enfance nous permetd'acceptercc mode énergique de traitement pour l'adulte, sans nous départir du principe que nous avons posé, par rapport aux tumeurs du testicule chez l'enfant, qui est de recourir à l'ablation de la glande le moins possible.

(1) V. Verneuil. Mémoire sur l'inclusion scrotale et testiculaire. Arck. génér. de médecine, 5e série, t. V, p. 641, et t. VI, p. 24, 191 et 299.

(2) V. Van Buhen. In New-Sydenham Sociétés bienn. Retrosp. for 1865, 1866, p. 331.

Messieurs, parmi les tumeurs des bourses que nous avons le plus souvent l'occasion d'observer, la plus fréquente est sans contredit Vhydrocèle, affection caractérisée par un liquide séreux, enveloppant le testicule ou le cordon, et qui affecte deux formes: l'une, plus rare, Vhydrocèle enkystée du cordon; l'autre, plus commune, Vhydrocèle vaginale.

La genèse de Fhydrocèle est assez intéressante pour qu'il ne soit pas superflu de s'y arrêter. On sait que, lors de sa descente dans le scrotum, durant la vie fœtale, le testicule entraîne avec lui deux feuillets péritonéauxqui, après avoir franchiles deux anneaux interne et externe du canal inguinal, vont tapisser, l'un très étroitement, le testicule ou mieux la tunique albuginée , l'autre, très lâchement, la surface des bourses dont il constitue le feuillet le plus profond ou tunique vaginale. Il est généralement admis qu'au moment delà naissance ou peu de temps après, ces deux feuillets s'accolent entre eux et adhèrent intimement, au niveau de l'anneau inguinal, tandis qu'au-dessous de cet anneau, ils deviennent parfaitement indépendants, de façon à laisser au testicule toute liberté de glisser, en tous sens, dans la cavité vaginale. Or, beaucoup plus souvent qu'on ne le croit, cette adhérence intime, au niveau de l'anneau, vient à manquer, et la communication entre le péritoine et le scrotum persiste.

Si nous admettons la formation d'une certaine quantité de liquide entre les feuillets, nous aurons affaire, suivant que l'adhérence, entre ces deux feuillets, sera faite à l'anneau ou un peu plus bas, ou au niveau même de l'épididyme ou enfin pas du tout, nous aurons affaire, dis-je, aux diverses variétés d'hydrocèle, connues sous le nom d'hydrocèle congénitale ; — enkystée du cordon ou du testicule ; — vaginale, etc.

L'origine, généralement admise pour l'hydrocèle, est une

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