‹ Chirurgie des enfantsChapitre 24 sur 222 · CARIE. NOSOLOGIE · texte numérisé non relu

CARIE. NOSOLOGIE

l'étude un problème intéressant. La carie est-elle une forme ou une terminaison de l'ostéite ? Est-ce au contraire une maladie spéciale avec ses lésions propres? Deux solutions sont en présence, et nous ne pouvons les apprécier à leur juste valeur sans procéder d'abord au dépouillement d'un volumineux dossier.

Une chose que je veux tout d'abord vous rappeler, c'est que par l'expérimentation on ne peut produire la carie, tandis qu'on peut déterminer de l'ostéite, soit par la compression, soit par la cautérisation, soit par les injections irritantes, soit par l'introduction de corps étrangers.

Ollier a employé tous ces moyens pour produire expérimentalement la carie, sans y parvenir. Dès que les diverses causes d'irritation ont cessé d'agir, le travail nécrobiotique s'arrête, se limite et la guérisonne tarde pas à se produire. Quant à l'examen histologique, Virchow, Otto Weber et Billroth en constatent le caractère négatif. Aussi, pour eux, la carie n'est qu'une ostéite raréfiante, sans altération des corpuscules osseux. Une figure schématique (fig. 2) fera comprendre la disposition de ces corpuscules, à l'état normal, et disposera à mieuxjnterpréter la fig. 3 et surtout la fig. 4. Volkmann, il est vrai, constate la métamorphose graisseuse du contenu de ces corpuscules, qui paraissent remplis de grosses gouttelettes de graisse, mais il faut dire néanmoins que pour lui, comme pour la plupart des chirurgiens allemands, et pour plusieurs chirurgiens français, après Gerdy et Malgaigne, la carie n'est qu'une ostéite chronique suppurée.

La théorie contraire, d'après laquelle la carie serait une affection spéciale, professée par Bonnet, Bérard et Denonvilliers, ne s'appuyait que sur l'examen fait à l'œil nu et plutôt, sur l'aspect clinique de l'affection que sur des faits anatomo-pathologiques,

Ollier fait de la carie une inflammation chronique, survenant dans des parties déjà modifiées par une altération diathésique comme la scrofule. Selon lui, elle est caractérisée par une altération granulo-graisseuse, indiquée déjà par Volkmann, ainsi que nous l'avons noté en passant. Ceci serait resté dans l'obscurité si, à la même époque, Ranvier n'avait fait faire un pas à la question.

Figure 2. — Figure schématique destinée à montrer, sur la coupe transversale dun es long, la disposition des canaux de Havers, des lamelles osseuses qui les entourent et des corpuscules osseux ou ostéoplastes.

1, canal médullaire de l'os.

2, 2, 2, canaux de Havers, sectionnés transversalement, circonscrits par une série de lamelles osseuses. Des ostéoplastes, avec anastomose de leurs prolongements canaliculés, sont disséminés au milieu de ces lamelles.

3, 3, 3, lamelles osseuses.

. II vit dans la carie une affection spéciale qui, dès sa première période, n'a rien de commun avec l'ostéite et est caractérisée par la régression des corpuscules osseux avant qu'il y ait eu le moindre processus inflammatoire. Il se base

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