CARIE. SON TRAITEMENT
rains pour les stations maritimes. Pour ma part, j'aime beaucoup la mer, à condition que l'enfant y gagne plus que l'acclimatation ne lui coûte ; en effet le climat maritime, moyennant des précautions éclairées, rend de bons services aux enfants affectés de carie, lorsque ce climat, qui peut être très nuisible à lui seul, même en dehors de tous bains, n'est pas absolument contre-indiqué pour eux.
L'iodure de fer, les bains de barèges, les applications d'emplâtres de Vigo et de teinture d'iode ont parfois amené la résolution de petites caries, chez l'enfant et chez l'adolescent. Les cautérisations ont été proposées aussi dans le même but; mais si l'abcès grossit, il faut l'ouvrir, non par le procédé de Dieulafoy, en introduisant de petites canules qui peuvent déterminer des accidents ; il faut ouvrir largement, en se servant de la méthode antiseptique, sous le spray phéniqué et avec les autres précautions qui font partie de la méthode de Lister.
Une fois la partie cariée à nu, vous pouvez agir directement sur elle par plusieurs moyens. Vous pouvez recourir aux injections modificatrices, aux cautérisations actuelles et potentielles, à l'abrasion et à l'évidement, à la résection au besoin, et même enfin, si vous ne pouvez faire autrement, à l'amputation, dans certains cas. Nous allons passer en revue ces différentes méthodes.
Les injections irritantes ont pour but de provoquer, dans les tissus malades, une réaction franche. Je serai bref au sujet de la teinture d'iode, bien qu'elle ait donné de bons résultats à Boinet et à Yelpeau; je n'ai, pour ma part, en employant ce moyen, jamais obtenu de résultats sérieux. La liqueur de Villatte est meilleure; elle a été préconisée, pour l'adulte, par Notta, de Lisieux, élève des plus distingués de Nélaton qui en usait partout où il voulait réveiller un travail de cicatrisation. Il est probable que son succès aurait été
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en augmentant, sans les deux cas de mort cités par Heine, Hergott et Legouest, et probablement dus à une pénétratiou de l'acide acétique libre dans les veines. Cette méthode était à peu près abandonnée ; je l'ai reprise en la modifiant et en facilitant les injections par un drainage préalable.
La cautérisation agit en détruisant les parties osseuses malades, en les fragmentant, en modifiant les fongosités et en excitant une inflammation dans les tissus voisins. Elle agit surtout sur les parties qui, par leur médullisation, se rapprochent beaucoup des parties molles. A ce propos, je donne la préférence au galvano-cautère ; vous m'avez vu aussi me servir du fer rouge ; mais celui-ci et le thermocautère s'éteignent trop facilement dans la plaie. Vous pouvez, à l'aide du galvano-cautère, enfoncer votre olive à une grande profondeur et l'y maintenir aune température élevée pendant plus longtemps. Vous pouvez, en outre, cautériser le fond de la plaie sans détruire son orifice.
On peut employer aussi la cautérisation potentielle, soit qu'on utilise les flèches de Canquoin ou de Maisonneuve, ou bien les crayons de nitrate d'argent de Larghi. Il y a des précautions à prendre et qui sont recommandées par ces auteurs ; la première est relative au voisinage des artères qui peuvent être ouvertes par les flèches ; la seconde se rapporte à la suppuration possible du canal épiphysaire par l'effet d'une cautérisation trop profonde.
J'arrive maintenant à la méthode curative par excellence, dont je vous ai parlé au commencement de cette leçon et que vous m'avez vu pratiquer plusieurs fois, la méthode iïévidement. L'évidement, ainsi nommé par Sédillot et appelé plus tard égrugement par Ghassaignac, est une opération qui consiste à fouiller clans l'os malade et à enlever dans une seule séance toutes les parties infiltrées de pus. Cette opération n'a rien de commun avec la résection sous-