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CARIE. SON TRAITEMENT. ÉVIDEMENT

car il peut amener une fracture; aussi doit-on toujours diriger la gouge parallèlement et non perpendiculairement à taxe de l'os.

Figure 6. — Gouges et maillet.

11 serait plus sage de préparer la voie à la gouge au moyen du trépan. C'est ainsi qu'il m'est arrivé parfois d'appliquer trois couronnes de trépan et de réunir les trois orifices avec la gouge.

Je serais ingrat si je passais sous silence un petit instrument qui m'a rendu de signalés services et que je vous présente : la cuiller tranchante de Volkmann; c'est un bon instrument, car il permet, après avoir enlevé les gros fragments nécrosés, de gratter les saillies et les anfractuosités de la plaie osseuse pour la transformer en une cavité lisse. Employez donc le gratte-os (fig. 7), l'évidoir et la cuiller de Volkmann (fig. 8).

Le pansement, qui semble naturellement indiqué après l'évidement, est celui des plaies vives d'une certaine profondeur. Avant l'emploi de la méthode listérienne, rien n'eût été plus facile que de boucher les anfractuosités du cratère avec de petites boulettes trempées dans l'alcool, mais la gaze phéuiquée se prête peu à ce service. Il y a un

moyeu qui a été indiqué par Yemeuil et qui consiste à tapisser le fond de la plaie de petits morceaux de gaze phéuiquée, eu formaut aiusiuue espècede mosaïque. Je tapisse ordinairement le fond de la cavité avec une compresse de gaze phéniquée et j'empile par dessus des rondelles d'amadou vulgaire, qu'on a fait tremper dans l'alcool ou dans une solution phéniquée. Lorsque la cavité est comblée jusqu'à son orifice par les rondelles d'amadou, je place par-dessu> un pansement de Lister. On doit laisser ce pansement en place au moins pendant quarante-huit heures. Après ce temps, on peut l'enlever facilement, à l'aide d'une pince, en tirant, sur la compresse de gaze, l'amadou qui s'est moulé sur la plaie elle-même. On remarque bientôt la production de bourgeons charnus et la cavité se comble avec une rapidité merveilleuse.

Figure 7. — Détache-périoste et gratte-os cPOliier.

Le traitement chirurgical de la carie reste donc labrasï

on.

quand la carie est superficielle, et l'évidement quand elle atteint une certaine profondeur. Pourvu que les extrémités. articulaires ou non, soient saines ou soient unies entre elles par une bande de tissu sain, on abrasera avec confiance. L'abrasion ainsi pratiquée peut être assimilée à uue

ABRASION. RÉSECTION. AMPUTATION. 97

résection longitudinale. Quand on a été obligé de la faire latéralement, il faut ensuite étayerle membre avec un appareil contentif pour empêcher l'os de se rompre.

Figure S.

Cx Hier tranchante de Volkm m.

Dans les cas où toute l'épaisseur de l'os est cariée dans une grande étendue et. à plus forte raison, quand l'os est malade dans sa totalité, il faut pratiquer l'amputation ou la résection sous-péiïostée. Vous devez faire cependant un certain choix selon les régions. À l'épaule et au coudé, où il y a tout avantage à conserver les mouvements, il faut faire la résection, et le plus tut possible, sans ménager l'étoffe, de peur de voir la carie se reproduire après l'opération.

A la hanche et au genou, au contraire, où l'ankylose est à souhaiter, tous les moyens de conservation devront être employés, avant de recourir à la résection.

Un mut seulement sur la question de l'amputation, qui doit être réservée pour les cas les plus graves et lorsque la vie du malade paraît devoir être compromise, dans un temps plus ou muins long, par les conséquences de la carie.

L amputation du membre inférieur donnant lieu à une incapacité moindre pour le sujet, sera "[dus aisément accep-

tée que celle du membre supérieur. On se décidera à cette opération après un examen d'ensemble du malade, de ses antécédents personnels ou héréditaires, parmi lesquels tout ce qui pourrait établir une présomption de tuberculose sera tout spécialement visé. La présence de signes suspects du côté du poumon tranchera définitivement la question.

Voilà ce que j'avais à vous dire de la carie et de son traitement. Quelle que soit la gravité de cette affection, elle se présente à nous avec le privilège peu commun d'être très accessible à une thérapeutique bien conduite et, quoique cette thérapeutique soit surtout opératoire, elle ne fait courir que très peu de risques à la vie du malade et n'entame pas l'intégrité de son individu. Gomme je vous l'ai dit en commençant, le traitement héroïque de la carie est surtout l'évidement. Or l'évidement, dans les cas où il est bien indiqué, confère au malade un bienfait indiscutable, au prix d'une lésion très facilement et très complètement réparable.

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