‹ Chirurgie des enfantsChapitre 35 sur 222 · ANÀTOMIE PATHOLOGIQUE. DEUX DEGRÉS · texte numérisé non relu

ANÀTOMIE PATHOLOGIQUE. DEUX DEGRÉS

rosées, quelquefois parsemé de petites taches huileuses, et, dans quelques circonstances, offre à l'œil de l'observateur de petits îlots nécrosés d'une blancheur éburnée.

Dans le deuxième degré, la moelle ramollie, rougeâtre, est imbibée de sang et de pus; aux épiphyses, ce mélange constitue une masse d'un brun foncé. Le pus peut être collecté ou infiltré.

Ce qui domine dans le tissu osseux à cette période, c'est la raréfaction, que ce phénomène soit accompagné ou non d'ulcérations, de perforation des canaux en cul-de-sac, etc.

Bien que le périoste, autrefois mis le premier en cause, paraisse devoir être aujourd'hui relégué au second rang, il est cependant nécessaire de parler quelque peu de son anatomie pathologique au milieu de tous ces désordres.

Epaissi dans la première période, il est plus vascularisé qu'à l'état normal, se décolle beaucoup plus facilement et cède, pour ainsi dire, sans résistance au pus qui vient s'accumuler entre le périoste et l'os, pus d'abord rougeâtre, puis bientôt phlegmoneux et contenant des gouttelettes de graisse.

Nous voici arrivés, messieurs, avec les données que nous possédons, à établir le diagnostic précis de l'affection qui nous occupe. Reste le plus important à faire : à savoir, reconnaître au lit du malade la nature et, s'il est possible, le degré de l'affection qu'il présente et déterminer, séance tenante, le genre d'opération qu'on a le droit et je dirai, vu la gravité, la soudaineté des accidents graves qui peuvent survenir, le devoir de pratiquer.

Une interrogation minutieuse sur les circonstances qui ont précédé la maladie est de rigueur. Tenez grand compte, avant toutes choses, du surmenage. Que de fois n'ai-je pas vu la périostite phlegmoneuse survenir après de longues fatigues souvent répétées, comme celles que subissent tous

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les jours les enfants, en pleine période de croissance, occupés à de durs travaux, comme les garçons de salle et les blanchisseuses. Votre enquête doit surtout serrer de près les circonstances qui ont précédé immédiatement le début du mal ; c'est ainsi que l'immersion dans l'eau froide, l'exposition prolongée à un courant d'air, après une sudation, ont pu être la cause déterminante de l'affection qui, dans ce cas, est invariablement prise pour un rhumatisme.

L'exploration du membre affecté, au point de vue de l'élément douleur, quelquefois très facile avec certains enfants patients ou même stoïques, car il en est de tels, offre, au contraire, les plus sérieuses difficultés chez la plupart de nos petits malades nerveux, excitables et mis sur la défensive par des manœuvres exploratrices antérieures plus ou moins discrètes.

Autant que faire se pourra, rassurez l'enfant et pour cela, suivant le conseil donné par M. Lannelongue, occupez-vous ostensiblement du membre sain, de manière à gagner la confiance du malade avant d'aborder le point scabreux.

Quand vous jugerez que le moment favorable est venu, soulevez doucement le membre malade et assurez-vous en même temps, par la flexion du genou, que ni l'articulation fémoro-tibiale, ni l'articulation coxo-fémorale ne sont malades. Par cet examen vous arrivez, si la mobilité est parfaite, à la conviction que le rhumatisme doit être absolument exclu de votre diagnostic; et, dans le cas contraire, vous aurez à vous prononcer entre une poussée de rhumatisme articulaire ou, chose beaucoup plus grave, une complication d'arthrite venant se greffer sur l'ostéomyélite elle-même.

Dans tous les cas, il faut que vous arriviez non seulement au diagnostic de l'affection, mais à celui de sa marche, c'està-dire que vous vous rendiez compte du degré d'avancement

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