TRAITEMENT. TRÉPANATION
mortels. La courte observation qui va suivre nous démontre le contraire.
11 s'agissait, cette fois, d'un petit malade habitant Passy, et près duquel j'avais été mandé par mon excellent confrère et ami le Dr Ménard.
L'enfant avait reçu au collège, huit jours auparavant, un coup violent sur l'avant-bras gauche, il en était résulté un gonflement avec œdème assez considérable de l'avant-bras et du poignet. Vers le neuvième jour, ce gonflement, loin de diminuer, devint plus volumineux, et une fièvre intense se déclara. C'est à ce moment que, mandé près du malade, je reconnus les signes d'une périostite phlegmoneuse avec ostéomyélite probable du radius, et je pratiquai, séance tenante, deuxlarges et profondes incisions, le long du radius, intéressant le périoste. Un flot de pus, qui s'échappa au moment de la section de ce dernier, donna raison à notre diagnostic, et le malade eut un soulagement marqué qui ne dura malheureusement pas.
La famille, inquiète à juste titre, demanda, de concert avec nous, l'avis d'un de nos collègues, chirurgien d'un grand hôpital, qui hésita longtemps entre l'opportunité d'une trépanation et la nécessité d'une amputation, mais pour lequel l'ostéomyélite ne faisait point de doute. La famille du petit malade se refusant absolument à une mutilation de cette importance, je procédai à la trépanation, et deux couronnes de trépan me permirent de pénétrer dans le canal médullaire. Cette opération donna issue à un liquide d'un rouge vineux; mais nous n'obtînmes point de pus. Le malade, qui avait éprouvé un grand soulagement à la suite de notre première opération, ne fut nullement amélioré par la seconde. Il succomba treize jours après, ayant présenté les symptômes de l'infection purulente.
Permettez-moi, messieurs, de rapprocher de ce fait mal-
CHIRURG1E DES ENFANTS. 8
114 PÉRIOSTITE PHLEGMONEUSE ET OSTÉOMYÉLITE.
heureux une observation toute récente dont le résultat sera, je l'espère, plus favorable, et clans laquelle l'intervention chirurgicale active a été jusqu'ici couronnée d'un succès flagrant.
Un jeune enfant de 8 ans, de constitution nerveuse, irritable, habitant la campagne, dans des conditions de bienêtre et de confort tout à fait exceptionnelles, après avoir joué avec beaucoup d'entrain le dimanche, 8 octobre dernier, toute la journée, sans tenir compte d'un petit frisson qu'il avait éprouvé la veille, fut forcé de s'aliter le lundi. Le médecin qui fut demandé constata une fièvre intense, mais aucune douleur, ni spontanée, ni provoquée, dans les membres.
Le mardi 10 octobre, une légère douleur se manifesta sous l'influence d'une pression modérée, au-dessus du genou gauche. Cette douleur alla toujours en augmentant, ainsi que la température, qui atteignit, le 10 octobre, 40 degrés ; notre confrère diagnostiqua une ostéite épiphysaire et provoqua une consultation avec un de nos collègues des hôpitaux.
Le jeudi 12 octobre, le thermomètre marque encore 40 degrés, et l'on constate un léger gonflement du fémur, au niveau de son tiers inférieur.
Le vendredi 13, un empâtement profond est perçu à la partie inférieure et externe de la cuisse. Le thermomètre ne s'élève pas au-dessus de 40 degrés, mais la douleur devient extrême. Le soir de ce jour, une incision profonde est pratiquée par notre confrère, qui obtient ainsi une cuillerée à café de pus. Le décollement du périoste paraît très limité au doigt et à la sonde cannelée.
Le pouls baisse, immédiatement après l'opération, et de grands lavages à l'eau alcoolisée sont pratiqués.
Le samedi 14, le pouls est un peu moins fréquent (120),