TRAITEMENT. MÉTHODE CONSERVATRICE. RÉSECTIONS
doit se poser ainsi : vaut-il mieux faire courir plus de risques au malade, mais lui donner plus de chances de guérir bien et d'une manière définitive? C'est là une question à discuter entre le chirurgien et les parents de l'enfant.
Si je consulte la statistique de mon service, je suis forcé de convenir que la méthode conservatrice, excellente pour la forme capsulaire, ne donne que peu de résultats, dans la forme osseuse, compliquée de déformation très marquée. On doit compter sur moitié d'insuccès au moins, par la méthode conservatrice, alors que sur 99 cas de résections pratiquées heureusement par Bulcher, Gant, Humphry, il y eut 27 insuccès, encore a-t-on compté comme des insuccès les cas d'ankylose fibreuse dont la méthode française est souvent obligée de se contenter.
Enfin, chose importante à noter, ajoutent les Anglais, les réséqués peuvent se passer d'appareils prothétiques ; les allongés ne le peuvent généralement pas.
Voilà encore une proposition que je ne saurais laisser passer sans la relever. N'est-ce donc rien que ces haussepieds gigantesques, que les réséqués sont forcés de porter pour rétablir l'équilibre. Ce sont label et bien des appareils prothétiques.
De ce côté donc point de supériorité. Si de l'articulation du genou nous passons à celle du coude, et si nous considérons les résultats déplorables que donne le plus souvent la résection : à savoir un membre ballant, flottant, sans tonicité, sans rigidité, en un mot un véritable impedimentum. nous demeurerons convaincus que, là encore, les appareils prothétiques seront indispensables, et pour le moins aussi compliqués que s'il s'agissait d'un bras artificiel complet.
Nous devrons, en conséquence, tout faire pour assurer à l'articulation du coude l'ankylose à angle droit, et pour ré-
sumer nos idées essentiellement françaises, relativement au traitement des tumeurs blanches , nous conclurons ainsi.
Le traitement rationnel et vraiment efficace de la tumeur blanche consiste dans la guérison par ankylose dans la position la plus favorable aux besoins de la vie, et dans l'amputation du membre le plus tard possible, dans le cas où l'état général est compromis.