NEUVIÈME LEÇON
Caractères généraux. Fréquence. Déplacement faible, grâce à la conservation du périoste. Rapidité de la consolidation. Bénignité relative des fractures compliquées. Résorption rapide du cal provisoire. Flexibilité des os. Réserves du pronostic,
Fractures des os du crâne. Signes un peu frustes, rappelant plutôt ceux de la contusion cérébrale que de la fracture du crâne, classique. Innocuité plus apparente que réelle. Faits cliniques. Traitement.
Fractures de la face. Leur traitement.
Messieurs,
Nous allons commencer aujourd'hui l'étude des fractures chez les enfants. Elles méritent certainement un intérêt spécial, soit que l'on considère leur mode de formation et les symptômes qu'elles présentent, soit que l'on envisage la thérapeutique de ces lésions.
Bien que les os chez l'enfant, beaucoup moins chargés de sels calcaires que chez l'adulte, présentent une friabilité moins grande, on peut affirmer que la turbulence des enfants et leur imprudence rétablissent largement l'équilibre au sujet de la fréquence des solutions de continuité des os.
Le caractère dominant des fractures chez les enfants, caractère dont l'importance se fera sentir, et pour établir le diagnostic et pour diriger le traitement, est la conservation du périoste.
Très exceptionnellement, j'ai vu le périoste déchiré. Le plus souvent, au contraire, il constitue un manchon peu résistant, il est vrai, mais suffisant pour empêcher les frag-
ments de trop s'écarter l'un de l'autre et par suite de produire un déplacement trop considérable.
Le second caractère, le plus frappant, est la rapidité de la consolidation. Si l'on en excepte, en effet, les individus atteints de rachitisme, chez lesquels la consolidation ne s'obtient que beaucoup plus lentement à l'état parfait, il n'est pas rare de voir des fractures de cuisse guérir au bout de vingt jours, et seize jours suffisent le plus souvent pour la consolidation d'une fracture de jambe ou de l'avantbras.
Ce qui m'a le plus frappé, enfin, chez les enfants, au point de vue des différences qui peuvent exister entre les fractures de cet âge et celles de l'âge adulte, c'est la bénignité relative des fractures compliquées. Que cette circonstance tienne à la rapidité vraiment merveilleuse de la consolidation, que cela dépende plutôt de la rareté extrême de l'infection purulente dans l'enfance, toujours est-il que je ne me souviens pas d'avoir perdu, en dix années, un malade, à la suite d'une fracture compliquée de plaie.
Il m'a paru, enfin, qu'il y avait lieu de constater presque toujours dans le jeune âge une résorption du cal provisoire beaucoup plus rapide que dans l'âge adulte, et trois mois suffisent, le plus souvent, pour régulariser, amoindrir la virole osseuse la plus épaisse.
Certains os, comme la rotule, ne peuvent, pour ainsi dire, pas se rompre chez l'enfant, quoique Guersant ait observé quatre de ces fractures ; il est vrai qu'il ne spécifie pas l'âge exact des jeunes malades.
La flexibilité des os dans le jeune âge a, du reste, permis à plusieurs chirurgiens de croire à leur courbure pathologique sans fracture ou sans influence rachitique. C'est ainsi qu'on aurait pu voir une bosse crânienne céder à un choc comme l'eût fait une plaque de tôle, et se redresser