FRACTURES DE LA VOUTE DU CRANE. OBSERVATIONS
Des ponctions capillaires sont pratiquées, en vue de combattre les symptômes produits par l'accumulation et la pression de la sérosité sanguine. Constatation, vers la portion écailleuse du temporal, d'un relief aigu, presque tranchant, et se terminant intérieurement par une espèce de promontoire. A la suite de la ponction, les accidents s'amendent et l'enfant sort de l'hôpital guérie de sa fracture, mais conservant un affaiblissement intellectuel assez marqué.
Le phénomène qui a le plus frappé laplupart des chirurgiens qui se sont occupés des maladies de l'enfance, est l'apparente mais trompeuse innocuité que présentent souvent les fractures de la voûte du crâne, et Giraldès cite deux observations très probantes de fractures de la voûte n'ayant produit d'abord que très peu d'accidents, si rapidement guéries que le malade sortait de l'hôpital peu de jours après l'accident, mais déterminant brusquement, au bout de quelques jours, une méningite aiguë à laquelle le malade succombait.
Voici, en revanche, une observation, prise dans mon service, de fracture comminutive du crâne (moitié latérale gauche du frontal), chez un sujet affecté en même temps d'une fracture compliquée de la cuisse et suivie de guérison.
Chevallier (Louis), âgé de 5 ans, est amené à l'hôpital des Enfants-Malades le 11 juin 1876. Cet enfant, pendant l'absence de sa mère, est monté sur une fenêtre, a perdu l'équilibre et a été précipité du troisième étage dans une cour mal pavée. L'enfant est déshabillé et examiné dès son entrée (salle Saint-Côme, n° 23).
On constate une fracture de la cuisse gauche vers la partie moyenne de l'os, compliquée d'une plaie communiquant avec le foyer de la fracture. Cette plaie est verticale, occupe la partie moyenne et externe de la cuisse et a une étendue
de 5 à 6 centimètres. La fracture est réduite, puis on applique sur la plaie un pansement par occlusion.
Les autres parties du corps, sauf la tête, ne présentent que quelques contusions sans importance.
La tête est énormément tuméfiée. Le gonflement porte principalement sur les parties latérales du crâne et sur la moitié supérieure de la face.
La déformation donne à la physionomie un aspect hideux. Les fosses temporales, dans toute leur étendue, sont bombées, résistantes, fluctuantes, pleines de sang. Les paupières sont également très tuméfiées. La gauche, surtout, se fait remarquer par son volume énorme. Elles ont une coloration bleu foncé. Les fosses nasales sont remplies de. caillots sanguins; par contre, les conduits auditifs n'en offrent pas trace. La bouche est intacte. Les maxillaires, explorés avec soin, ne présentent de lésions d'aucune sorte.
En palpant la voûte crânienne, on trouve, au niveau de la moitié gauche du frontal, une grosse crépitation osseuse. On dirait de trois à quatre fragments osseux (de 2 à 3 centimètres carrés) chevauchant, clapotant les uns sur les autres.
Ces fragments paraissent être sur une même ligne transversale partant de la partie médiane du frontal pour aller se perdre vers la fosse temporale gauche.
Ils sont séparés du reste de l'os, en bas, par une ligne peu accusée, ligne très nette au contraire en haut. Là, en effet, la pulpe du doigt plonge dans une rainure de 3 à 4 millimètres de largeur et de 6 à 8 centimètres de longueur.
Sur l'autre moitié du frontal, on ne constate rien d'analogue. La surface est convexe et lisse, telle qu'elle se présente à l'état normal.
L'enfant paraît être plongé dans le sommeil. Il ne répond pas aux questions ; il ne se plaint pas quand on le laisse en