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FRACTURES DE LA VOUTE DU CRANE. OBSERVATIONS

repos, mais il crie et s'agite dès qu'on Je remue. Il n'existe en aucun point d'anesthésie ni de paralysie. Les mouvements réflexes ne sont pas exagérés. L'attouchement du voile du palais détermine le vomissement de caillots sanguins. Il n'y a eu ni convulsions, ni contractures, ni émissions involontaires d'urine ou de matières fécales.

De l'ensemble de ces lésions, on peut conclure légitimement que la chute s'est faite sur le plan latéral gauche du corps, que, très probablement, le membre inférieur gauche a porté le premier à terre, amortissant d'autant la violence du choc qui a eu lieu ensuite sur le crâne.

L'absence de sang dans les conduits auditifs externes, l'absence de paralysie faciale, éloignent l'idée d'une fracture du rocher.

L'énorme quantité de sang accumulée dans les fosses temporales, jointe à l'absence des convulsions et des contractures, ne permettent pas de songer à un épanchement in tra-crânien.

La dure-mère a résisté; le péricrâne, au contraire, s'est rompu, et le liquide sanguin a trouvé une voie toute tracée vers les fosses temporales et la partie supérieure de la face.

Le siège de la fracture, au centre même d'une des moitiés du frontal, le chevauchement, la crépitation non douteuse ne sauraient faire penser à la présence d'os sésamoïdes. Le diagnostic est donc parfaitement établi.

Fracture comminutive de la moitié gauche du frontal sans plaie. Fracture compliquée de cuisse. Phénomènes peu marqués de commotion cérébrale.

On prescrit un sachet rempli de glace qui doit être maintenu en permanence sur la tête. La température axillairc est de 36,6.

Le 12. Le petit blessé répond aux questions qu'on lui

adresse. Il a passé une nuit calme et a pris un peu de boisson. T. A., 37°, 372. Pouls, 120 le matin, 140 le soir.

Le 13. On constate un peu plus d'agitation. Le pouls est plus fort, plus vibrant. La fosse temporale gauche et la paupière du même côté ont pris une coloration bleu foncé. Je prescris deux sangsues derrière chaque oreille. T. , 37,2 à 37,6.

Le 14. Mieux sensible. Pouls plus mou, bat de 108 à 116. Il n'y a pas eu de selles depuis l'accident. Un lavement purgatif provoque des évacuations copieuses. T., 37,4 à 37,2.

Le 15. On enlève le pansement par occlusion de la cuisse. La plaie est en bon état. On applique un pansement ouaté.

Du 15 au 18. Le mieux s'accentue ; l'enfant demande à manger et fait des repas réguliers. Les fosses temporales sont moins tendues et plus dures. On continue l'usage de la glace sur la tête.

Le 18. On enlève le pansement ouaté de la cuisse et on met le membre dans une gouttière de Bonnet. Dès lors, on fait chaque jour un pansement à l'alcool. On cesse l'usage de la glace sur la tête.

Du 18 au 25. Les ecchymoses sous-cutanées subissent les diverses transformations de colorations bleue, puis jaune-verdâtre, jaune, qui leur sont habituelles. Les épanchements de la fosse temporale droite et de la paupière du même côté, qui étaient moins considérables que ceux du côté gauche, ont disparu en grande partie, tandis qu'ils n'ont que peu diminué à gauche. Aussi la tête présente-t-elle une asymétrie remarquable. Le front est proéminent du côté gauche. Le globe oculaire commence à se découvrir.

Depuis l'accident, la température a oscillé entre 37° et 38°, sans dépasser ce maximum. Les fonctions digestives s'exécutent normalement.

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