FRACTURES DU CRANE. TRAITEMENT
Le 1er juillet. La plaie de la cuisse est presque complètement cicatrisée. On commence à sentir la saillie du cal.
Le 15. Le cal est très solide, l'enfant fait quelques pas. Du côté de la tête, les épanchements ont disparu. La paupière gauche a repris ses proportions habituelles. Il reste une saillie assez notable, dure au niveau du frontal gauche. La rainure que nous avons notée au début persiste.
Les jours suivants, l'enfant marche avec des béquilles. Il ne se plaint d'aucune douleur. Son intelligence est intacte. Il sort de l'hôpital le 25 juillet.
Quel traitement faut-il adopter pour les fractures du crâne? J'estime que, dès le début, il y a intérêt à provoquer d'une part une émission sanguine, et de l'autre à débarrasser l'intestin. C'est ainsi que je fais appliquer de deux à huit sangsues derrière les oreilles, suivant l'âge des malades, et je fais administrer un ou deux lavements purgatifs. Disons en passant que si la personne chargée d'appliquer les sangsues et par suite de les arrêter est embarrassée pour le dernier temps de l'opération, comme je l'ai vu un certain nombre de fois, il sera sage de laisser à sa disposition plusieurs serres-fines qui, appliquées sur les piqûres mêmes, auront très facilement raison de l'hémorrhagie. Chez les sujets un peu vigoureux et au-dessus de douze ans, je n'hésite même pas à pratiquer une saignée de 200 à 300 grammes ; je dirai même plus : l'effet de la saignée, aujourd'hui si délaissée, me paraît difficile à remplacer par un autre moyen.
Y a-t-il plaie extérieure avec probabilité de communication avec le foyer de la fracture, j'applique sur tout le cuir chevelu un vaste cataplasme froid en forme de calotte, et je me garde bien de m'assurer, à l'aide du stylet ou delà sonde cannelée, du degré de profondeur ou de pénétration de la blessure. Je veux ignorer les détails; etje suis, pour ma part,
convaincu que les explorations complètes ont tué plus de malades que la fracture elle-même.
J'estime qu'il sera temps, si le résultat est fatal, d'examiner à l'autopsie l'étendue de la lésion. Cette opinion, poussée peut-être un peu trop loin, fait que je n'ai pas autant de confiance que Giralclès dans les ponctions capillaires qu'il faisait avec une rare prodigalité. En un mot, je crois que les fractures du crâne demandent à n'être point tourmentées et qu'il vous est facile, par une intervention intempestive, d'augmenter considérablement la gravité de l'affection.
Ma sympathie pour l'abstention ne va cependant pas jusqu'à m'opposer à l'extraction des esquilles et des fragments enfermés quand le fait est évident et détermine des accidents généraux caractéristiques.
Fractures de la face. — Un mot sur les fractures de la face. Bien que je les aie observées fréquemment, j'ai été surpris de n'en voir aucune mention dans les livres que vous avez entre les mains et traitant des maladies chirurgicales de l'enfance.
Figure 17. — Aspect extérieur du squelette du nez.
J'ai observé quatre cas de fracture des os du nez, et six fois j'ai été consulté pour tâcher d'obvier à la difformité qui