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FRACTURES DES MAXILLAIRES

assez épaisse de coton collodioimé, de façon à former, de chaque côté, un relief assez saillant.

Je ne parlerai que pour mémoire de trois cas de fracture du maxillaire supérieur au niveau delà voûte, produits par la chute des enfants, la bouche ouverte, sur le manche d'une pelle ou sur une baguette de cerceau.

J'ai eu à soigner deux de ces enfoncements qui se sont, du reste, admirablement réparés.

J'ai observé aussi la guérison de cinq cas de fracture du maxillaire inférieur et presque constamment dans les mêmes conditions, sans traitement autre que des lavages et des gargarismes fréquents.

Une fois seulement la fracture, qui était double, isolait le fer à cheval des deux parties latérales; la mobilité était extrême, et cependant la malade guérit en vingt jours, à l'aide d'une fronde médiocrement serrée et cela sans difformité.

Dans trois cas qui se succédèrent dans mon service à quelques mois d'intervalle, la fracture était simple, et siégeait au niveau de la dent canine ou mieux dans l'espace qui sépare celle-ci de la dernière incisive. Les moyens de coaptation furent très simples. Le bandage dit chevestre fut appliqué pendant près d'un mois et la guérison fut facilement obtenue. Dans un cas récent, j'ai été moins heureux. La fracture était unilatérale, mais avec un déplacement tel, que le fragment droit, relevé par le masséter, dépassait le fragment gauche, déprimé par les muscles sous-hyoïdiens, d'un centimètre au moins.

Plusieurs bandages ou appareils furent appliqués, sans succès, et, ce qui rendait la situation plus grave, c'est que la consolidation ne s'opérait pas et que la malade se trouvait ainsi menacée d'une pseudarthrose. J'allais me décider à pratiquer la suture osseuse, malgré la répugnance que

j'ai pour cette opération, clans l'espèce, quand un gonflement phlegmoneux se manifesta ; bientôt du pus se montra en abondance entre les fragments, fusa même sous le maxillaire et y forma une collection dont je [fis l'ouverture. A partir de ce moment, on eût dit que cette phlegmasie avait donné un coup de fouet à la formation du cal. La consolidation s'opéra petit à petit et nous pûmes même quelque peu modifier, chemin faisant, ce que la différence de niveau entre les fragments avait de choquant.

En un mot, les fractures du maxillaire inférieur ne donnent que très rarement lieu à des accidents sérieux ; elles guérissent presque toujours simplement à l'aide d'un bandage contentif et ne nécessitent que bien rarement l'emploi de moyens plus énergiques.

Une pratique dont je vous engage à vous défier, c'est celle qui consiste, clans le but d'égaliser le niveau des fragments, à se servir des dents comme point d'appui et à jeter sur elle une ligature. Neuf fois sur dix, et peut-être plus, on échoue. Les dents s ébranlent et tombent, augmentant ainsi la difformité d'une manière considérable.

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