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FRACTURES DU COUDE

diculaire à l'articulation. L'olécrâne est assez superficiel pour que vous en reconnaissiez facilement la mobilité. Quant à l'extrémité supérieure du radius, elle ne se rompt pour ainsi dire jamais au niveau du col de la cupule, si ce n'est par cause directe, et c'est un peu plus bas, c'est-à-dire en dehors du siège des fractures dont nous nous occupons actuellement, que se produit la fracture de cet os. On constate souvent, au coude, des fractures comminutives et qui ne sont autre chose qu'une fusion, pour ainsi dire, entre les fractures de l'olécrâne et de l'humérus, à condition toutefois que celle-ci soit mixte, c'est-a-dire à la fois verticale etsuscondylienne.

La grande préoccupation que doit avoir le chirurgien, au point de vue du résultat de la fracture qui nous occupe, doit être la conservation des mouvements, dans la plus grande étendue possible. On serait cependant bien coupable ou bien téméraire si, dès qu'on est appelé près d'un enfant atteint d'une fracture du coude, on ne prévenait aussitôt les parents que l'on a affaire à un cas grave et que, très probablement, les mouvements du coude resteront, après la guérison, beaucoup moins complets qu'ils ne l'étaient auparavant.

Dans cette hypothèse, il est absolument indiqué de placer le coude dans des conditions qui permettront à cette articulation, même ankylosée, de porter la main à la bouche, par exemple. Ce qu'il faut avant tout éviter, toujours au point de vue de l'ankylose, c'est la consolidation à angle obtus, et à plus forte raison dans l'extension.

Un bras vivant, dans ces conditions, est beaucoup plus gênant et bien moins utile qu'un bras artificiel.

Il faut donc, à tout prix, obtenir l'angle droit, ce que vous réaliserez complètement avec l'appareil cartonné à équerres que je décrivais plus haut. Vingt-cinq jours suffi-

ront, en général, pour la consolidation, il est cependant prudent de ne tenter le rétablissement des mouvements que vers le trentième jour. La flexion et l'extension seront alors essayées : l'extension par des tractions directes, opérées par le chirurgien ou par le moyen d'un panier très lourd que le patient cherchera à soulever de terre.

La flexion est, en général, plus longue à obtenir ; il faut cependant s'efforcer de la pousser aux extrêmes limites que l'on reconnaît avoir atteintes quand le malade peut, avec le doigt médius de la main appartenant au bras fracturé, gratter le moignon de l'épaule du même nom. Je me suis vu parfois obligé d'employer, pour obtenir plus vite un résultat favorable, soit les exercices gymnastiques, soit l'appareil mécanique, à extension, et je dois dire que, dans l'immense majorité des cas, j'ai obtenu un bon résultat.

J'arrive à une fracture très souvent méconnue, extrêmement fréquente, je veux parler de la fracture du radius à la partie supérieure.

Cette fracture est produite presque toujours, sinon toujours, par une cause indirecte et le plus souvent par un mécanisme tout particulier. Je l'ai observée six fois chez des enfants qui, en jouant avec leurs camarades, s'étaient vu tordre l'avant- bras sur son axe, le bras restant fixe.

Dans cette manœuvre poussée à l'extrême, c'est-à-dire, en admettant une puissance beaucoup plus considérable que la résistance, ou mieux une disproportion notable de force entre les enfants, ou bien le ligament radio-cubital inférieur se rompt et nous obtenons une véritable luxation par diastase du radius sur le cubitus, ou bien, et cela beaucoup plus fréquemment, le radius se rompt à l'union des deux tiers inférieurs avec le tiers supérieur. Cette fracture, comme je le disais plus haut, est le plus souvent méconnue

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