‹ Chirurgie des enfantsChapitre 63 sur 222 · II! U'.TIKKS DU RADIUS · texte numérisé non relu

II! U'.TIKKS DU RADIUS

à cause de l'absence presque constante de déplacement outre les fragments, et il n'est possible de la constater qu'à l'aide d'un artifice tout spécial qui consiste dans la pratique suivante : vous saisissez fortement, de ;la main gauche, le coude du malade, et vous le tenez immobile; de la main droite, vous empoignez l'avant-bras, par sa partie moyenne, et vous (ailes, en ayant soin que son bord radial regarde en haut, une pression, comme si vous aviez l'intention de rompre le radius. S'il y a solution de continuité au point donné, vous voyez immédiatement une courbure, assez douce d'abord, puis plus accentuée ensuite, se produire à Ce niveau et cesser dès que vous remettez tout en place. Faites la même expérience sur un avant-bras absolument intact et il vous sera impossible de reproduire le même phénomène. Le traitement est des plus simples puisque la contention des fragments se fait toute seule. Un bandage roulé et une écharpe feront tous les frais de la thérapeutique.

Nous voici arrivés à la fracture la plus fréquente dans le jeune âge ; je veux parler de la fracture de l'avantbras. (Voir, pour les os de l'avant-bras, notre figure 22.) Elle présente' chez l'enfant les particularités suivantes :

1° les deux os se fracturent presque toujours tous les deux et on peut considérer comme absolument exceptionnelle la fracture du radius isolé, si ce n'est quand on se rapproche de l'âge de quinze ans. 2° Les fractures par pénétration sont beaucoup plus rares que chez l'adulte. 3° Les fractures incomplètes sont assez

Figure 22. l'avant-bras.

et cubitus. — aspect antérieur.

Os de Radius

fréquentes, et je n'en veux pour preuve que ce craquement caractéristique que l'on perçoit quand on réduit une fracture de l'avant-bras chez un enfant, et quand on complète de la sorte la fracture en morceau de bois vert des Anglais. On peut déduire de ces diverses observations que les signes caractéristiques typiques de la fracture classique du radius (dos de fourchette, égalisation des apophyses styloïdes, ligne en Z sur le bord radial de l'avantbras) manqueront ici presque constamment. Par contre, le moyen d'examen le plus probant est celui que vous me voyez toujours employer. Il consiste dans une manœuvre analogue à celle que nous avons décrite pour rechercher la fracture du radius à sa partie supérieure, et consistant dans l'exagération de la courbure qu'a imprimée la fracture aux deux os de l'avant-bras, brisés le plus souvent au même niveau. Cette manière défaire ne laisse pas de doute ; car il ne faut pas insister sur la recherche de la crépitation que l'on ne trouve, pour ainsi dire, jamais. La fracture qui nous occupe se complique rarement de gonflement assez considérable pour empêcher d'appliquer immédiatement l'appareil définitif. Voici invariablement comment je procède. Le malade étant chloroformé, bien que cela soit à peine nécessaire ici, un aide écarte le bras du corps et le tient solidement par le coude. Mettant l'avant-bras dans la pronation, je saisis de la main gauche la partie moyenne de l'avant-bras ; ma main droite embrasse le poignet de manière que mes deux pouces soient placés au niveau de la fracture et soient prêts à intervenir si la coaptation, rebelle à la traction, nécessitait une pression directe. Une traction vigoureuse et progressive, est alors pratiquée, comme si je voulais séparer l'avant-bras en deux; et aussitôt une rectification de l'axe de l'avant- bras, la disparition de la tumeur de la face antérieure, et parfois le craquement ca-

FRACTURE DES DEUX OS DE l/ AVANT-BRAS. 187

ractêristique cité plus haut m'indiquent que la réduction est accomplie.

J'applique alors deux compresses graduées sur la face antérieure de l'avant-bras, depuis le pli du coude jusqu'à l'extrémité des doigts. Une attelle de bois, de la même longueur que les compresses, est placée par-dessus. Deux autres compresses, graduées, recouvertes aussi d'une attelle sont placées à la face postérieure et recouvrent même la moitié environ de la face dorsale de la main. Il est très imprudent d'arrêter, ainsi qu'on le fait souvent, ces compresses et cette attelle au niveau de l'articulation radiocarpienne. La pression continue exercée sur cette région amène très souvent, chez l'enfant, des eschares qui présentent la plus grande difficulté à guérir. L'appareil ainsi constitué est fixé à l'aide de longues bandelettes de diachylon taillées, au nombre de trois, l'une pour la partie moyenne, la seconde pour la partie supérieure, et enfin la dernière pour le poignet. Il est indispensable de ne pas trop serrer ces bandelettes. Leur simple application suffit. Vous avez ainsi un appareil à claire-voie qui vous permet de surveiller l'état des téguments, leur coloration, les plilyctènes qui peuvent se produire et d'intervenir dès que vous le jugez nécessaire. Un bandage roulé, destiné à maintenir les bandelettes et à empêcher que l'appareil ne soit sali, est ensuite appliqué et recouvert d'une couche mince de colle de pâte. 11 est indispensable de lever cet appareil, tous les quatre jours au moins, et, pour peu qu'on s'aperçoive d'une certaine irrégularité dans la consolidation, d'y mettre aussitôt Itou ordre. Rien n'est fréquent, en effet, comme les fractures de l'avant-bras consolidées vicieusement, et rien n'est plus désagréable à l'œil que la nodosité qu'on trouve souvent sur le bord radial de l'avant-bras au niveau de la fracture.

On m'amène très souvent à la consultation des enfants qui se sont cassé Favant-bras six semaines auparavant, dont les parents n'ont pas consulté de médecins et qui présentent à la face antérieure du membre une très forte incurvation. Evidemment, puisque nous obtenons en vingt jours la consolidation de nos fractures, on serait tenté de renvoyer ces enfants de l'hôpital comme incurables, considérant l'ancienneté de leur lésion. Une faut pas le faire cependant; il est nécessaire de tenter le redressement, si difficile qu'il soit, et j'avoue que, souvent, soit que j'aie eu affaire àdes os complaisants, soit que dans les cals difformes la résistanec soit moins grande que lorsque la consolidation s'est opérée dans l'axe, j'ai presque constamment réussi à reproduire

la fracture, à la mettre dans un appareil normalement appliqué et à obtenir ainsi une bonne consolidation. — Quand l'appareil que nous avons décrit plus haut est retiré, aubout devingt jours, il est nécessaire de pratiquer des mouvements de pronation et de supination ; non pas que je craigne l'adhésion des deux os et que je me préoccupe jamais de l'écartement à conserver dans l'espace intérieur,

Figure 23. - Face dorsale de la main. maig leg articulations

radio-cubitales, supérieure et inférieure, étant soumises à une immobilité prolongée sont devenues roides, et c'est

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